‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 17 sur 381 · Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 88, note · texte numérisé non relu

Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 88, note

contemporain de la Pucelle, — achèvera de nous dire la « grande pitié du royaume de France ' ».

Lorsque les ]^oiœ d'eu haut se faisaient entendre à la jeune vierge de Domreniy, « le royaume, écrit Berruyer, évêque du Mans, se trouvait en proie à la plus afFreuse désolation : les calamités s'ajoutaient aux calamités, les misères spirituelles aux misères temporelles. Dans le pays, plus de justice; partout, le brigandag"e ; la France n'était jilus qu'une caverne de voleurs. Parmi ses habitants, les uns mouraient de privations et de faim, les autres de la peste, les autres [)ar le glaive^ les autres dans des cachots affreux et dans les tourments. Plusieurs cherchaient un refuge dans les contrées voisines. Les villes étaient abandonnées, les maisons lestaient sans habitants, les campag-nes sans cultures, les ég-lises sans prêtres et sans office divin. De paix, de sécurité, nulle part; en tous lieux, la terreur; la crainte au dedans, au dehors la violence. Que dis-je, au dehors? Dans les villes se déroulaient des scènes cruelles de carnage, le sangchrétien coulait à flots, et tout ce qui était vertueux était foulé sous les pieds des impies. Alors paraissait s'accomplir celte parole d'Osée" : « Il n'y a plus sur la terre

1. Lire daus Monstrelet, t. VI, pp. 176-190, édit. de M. L. Douëtd'Arcq, ou chap. ccixv du livre I, de rédilion de J.-A.-C. Buchon, « la complainte du pauvre commun et des pauvres laboureurs de r'rance » :

« Hélas! hélas! hélas!

s'écrient ces pauvres gens, 1

« Vin ne froment, ne aullre blé, Pas seulement de pain d'avoine, N'avons notre saoul la moitié Une seule fois la semaine! »

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