Th. Basin, op. cit., pp
2. Tliomas Basin : a Hoc j'enus desperatorum hominum qui vulgo brignmli appellabanlur. « Op. cit., p. 67.
3. Le type de ces seigneurs, sans foi ni loi, ne vivant que pour le brigandage et la débauche, se retrouve dans Robert de Saarbruck, damoiseau de Commercy, dont nous avons dit quelques mots au troisième chapitre de cette Histoire. Il se retrouve encore plus complet dans Rodrigue de Villandrado, dont J. Ouicherat a raconté les aventures. In-8", Paris, Hachette, 1879.
On trouvera décrite bien au vif" l'existence menée par ces chefs de guerre improvisés dans le Joiivencel, sorte de roman historique du quinzième siècle, dont l'auteur, Jean de Bueil (i4o6-i477)j y raconte les principaux événements de sa vie. Le texte en a été établi et annoté par M. Léon Leceslre. Jean de Bueil, né en i4o6, s'attacha à La Hire et fit à son école sa formation militaire.
d'une aire d'oiseaux de proie, capitaines et seigneurs s'abattaient dans la plaine, enlevaient les habitants, les transportaient dans leurs repaires et ne les remettaient en liberté qu'au prix d'une rançon écrasante : en cas de refus, ils les faisaient {)érir misérablement.
La nuit^ c'étaient les va^^-abonds et malandrins qui sortaient des bois et halliers où ils se cachaient le jour, et venaient dévaliser les habitations sans défense. Quand ils n'en massacraient pas les habitants, ils les dépouillaient de leur argent, de leurs provisions, et souvent les^ oblii^eaient à déposer en certains endroits spécifiés, ou d'autres sommes, ou d'autres [)rovisions, sous menaces de nouveaux [tiHaijes ou incendies, et même de mort '.
Les campagnes n'étaient pas seules en butte à ces déprédations; les villes, Paris môme, en souffrirent plus d'une fois tout autant. Et ces méfaits n'avaient pas toujours pour auteurs d'obscurs chefs de bande. Un vit des maréchaux de France, comme Jean de Villiers, seigneur de l'Isle-Adam, nuuéchal du 17'juin i/jiS, de hauts dignitaires, comme Guy de Bar, chanibellan du duc de Bourgogne, rivaliser « de pilleries et roberies » avec des capitaines sans conscience. Sur les profils réalisés en i4i8 lors de la surprise de Paris, ces seigneurs prélevaient une part (jue Juvénal des Ursins évaluait à 100.000 écus '.
L'n tableau d'enseuïble au point de vue moral de l'état du pays, — tableau di\ lui aussi à la plume d'un