‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 179 sur 381 · Bullt'tin (l<' r Acddéntie Dclpliiruile, lue. cit · texte numérisé non relu

Bullt'tin (l<' r Acddéntie Dclpliiruile, lue. cit

2. Hf/d/iun e.rti'dile du Livre noir de V hôtel de rille de La liitchelle. (Revue histori(|ue, t. IV, p. 34 1.)

3. Procès, t. \', |)|). 34"i-346. — Le texte de ces lettres d'anolilissciDcnl est lire d'un niaouscrit de la bibliothèque de Carpenlras ayant appartenu au célèbre érudit Nicolas-Claude de Peircsc. Il y avait été transcrit d'après un original en parchemin dont on n'a pas indiqué la provenance. Par leur forme et par leur Ion enthousiaste, ces lel-

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le 29 avril, en son chàleau de Reuilly, près Cliécy.

Dans celte lettre, Charles VII commence par rappeler « l'immensilé des bienfaits dont le Ciel l'a comblé, et, avant tout, la faveur capitale par laquelle, alors que les choses allaient de mal en pis, le sièg^e d'Orléans a été si heureusement levé.

« Cet événement, poursuit le monarque, s'est accompli par l'heureuse venue et la conduite de l'illustre Pucelle, de cette Jeanne d'Arc de Domremy, dont les mérites à notre égard sont infinis (de nobis in injinitnm meritœ Johannœ d'Arc^), à ce point qu'on peut dire que la venue et l'entr^'c de ladite Pucelle en cette ville d'Orléans, pour la défendre et en repousser les Ang-lais, sont une promesse et un présage qu'il nous deviendra facile de recouvrer les autres places et cités.

« Que nous entourions des faveurs les plus hautes ladite Jeanne, ce n'est pas assez; jamais la récompense n'égalera ses services. Il nous faut, de plus, étendre nos faveurs aux vaillants guerriers qui ont aidé ladite Jeanne à faire lever ce siège fameux.

« Parmi ces guerriers, un de ceux que notre bienaimée Jeanne nous a particulièrement recommandés est Guy de Cailly, homme des {)Ius honorables par l'honnêteté de la vie, et des plus notables, des plus distingués de la cité d'Orléans... C'est pourquoi, sachant les remar-

tres ne rappellent aucunement les usages de l'ancienne chancellerie. {Procès, t. V, pp. 342-343.) — A (pielie date ces lettres lureutelles octroyées?... Le document même ne le |)orle pas. Conune il n'y est question que du sièi^e d'Orléans, il est probable tpie ce l'ut avant la campagne de la Loire.

I. Ici le nom de Jeanne d'Arc est écrit tout entier et avec l'ortho- «çraphc voulue. Ce n'est pas Jeanne (l'Ai/, comme portent les lettres d'anoblissement de la famille de la l'ucelle.

quables services diulil (iiiv de Caillj et comineiit il a secondé de tout son pouvoir la honne volonlé de Jeanne à noire égard, soit en combattant avec elle, soit en la recevant dans son château de lluilly, près de Cliécy, lorsqu'une apparition angélique l'invita à pénétrer dans Orléans, faveur céleste dont ledit Guy de Cailly eut sa pari, ainsi (|ue .Icanne nous l'a pleinement déclaré .., nous anoblissons le [)rénommé Guy de Cailly..., et en faveur de ra[)parition sus mentionnée, nous lui donnons pour armes, (Vaciir rehausst' dUirgent. à trois têtes de clirnihiits ailées et Ixirhelées de codleur flamboijnnte ifiii est (Tni- ()inl)rè de (jneules, conrorniémenl à ce (|u'il a vu dans ladite apparition. »

Nous ne relèverons pas, dans ces lettres d'anoblissement, la mention (]ui y est faite de « celle a[)parilion angéliijue (pii iiivila la jeune Lorraine à pénétrer dans Orléans, faNcur doni (iiiy de Cailly eut sa part » ; nous avons en dé'jà l'cjccasion de nous en occuper. Mais nous noterons tout paiiiculièrement la foi respectueuse avec laquelle Charles \'II s'exprime et la mesure qu'elle lui inspire. «C'est p(Mir perpétuer la mémoire de celte faveur céleste », déclare-t-il, qu'il octroie au nouvel anobli le blason que nous venons de décrire'.

Ce (pii mérile tout autant d'être signalé, en ce document, c'est le seiilinicnl de g'ratiludc qii On y voit exprimé, (^hailcs Vil avait alors conscience du service « immense » que la Pucelle avait rendu au royaume et à lui-même, en repoussant les Anglais d'Orléans. Il comprenait que ce succès éclatant ouvrait une ère nou-

I. " lu t.ivorcni pra'dicta" a|)pjirilionis, tria capita ana^elorum..., proiit in dicta apparitione vidisse credideral... concessimus. » {Procès, t. V, pp, 34rj-340.)

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velle et que dorénavant recouvrer les villes et provinces perdues devenait chose facile. Combien ces aveux du jeune Roi rendent pénible le silence qu'il gardera, après que sa bienfaitrice sera tombée au pouvoir des Anglais, et surtout l'inaction dans laquelle il s'enfermera!

Dans le cours de la campagne de la Loire, Jeanne d'Arc reçut du duc de Bretag-ne un message dont parle le trésorier de l'empereur Sigismond, Eberhard Windecke. Frère Yves Milbcau, confesseur du duc, et Hermine, son héraut d'armes, étaient chargés de complimenter la Pucelle sur ses succès d'Orléans.

« Alors, raconte Eberhai'd, c'est-à-dire après la prise de Meung-sur-Loire, le duc de Bretagne envoya son confesseur vers la Pucelle pour lui demander si c'était de par Dieu qu'elle était venue secourir le I\oi. Jeanne répondit : « Oui. » Le confesseur dit : « S'il en est ainsi, « Monseigneur le duc de Bretagne est disposé à venir « pour aider le Roi de son service. Il ne peut venir de « son propre corps, car il est dans un grand état d'in- « iîrmité; mais il enverra son fds aîné avec une g"rande « armée. » La Pucelle lui répondit que le duc n'aurait [)as dû raisonnablement attendre si long'temps pour envoyer ses gens aider le Roi de leur service '. »

Jean VI, duc de Bietagne et frère d'Arthur de Richemont, avait lié plus d'une fois sa cause à celle des ennemis du royaume. 11 avait adhéré au funeste traité de Troyes. L'élévation de son frère à la dignité de connétable le rapprocha de Charles VIL Mais il ne mit des troupes à son service qu'après févi-ier i43r, à l'occasion du traité conclu entre Charles VII et lui'.

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