‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 210 sur 381 · Jean Rogier, op. cit., pp. 290, 29O · texte numérisé non relu

Jean Rogier, op. cit., pp. 290, 29O

4. Charpentier et Cuissard, Journal..., p. 325. .5. Prot-ès, t. I, p. I02.

enfant sur les fonts du baplêinc. La vierge lorraine s'y prêta volontiers. Elle eniporla de ces braves gens un si bon souvenir que, à la fin de la campagne de l'Ile-de- France, elle leur écrivait, le 22 septembre, des lettres « par lesquelles elle se recommandait au clergé, bourg"eois et habitants de Troyes, leur faisait savoir de ses nouvelles et qu'elle avait été blessée devant Paris' ».

L'imagination [)opulaire ne prit pas aisément son parti de cette soumission inattendue de la ville de Troyes. Elle y mêla du merveilleux et ne s'en rendit compte qu'à ce prix. Le bruit se répandit jusqu'à La Rochelle, qui en a informé la postérité, qu'à l'arrivée et au départ du Roi, « ceux de la ville qui estoient sur la muraille virent une grande compaignie de gens d'armes, qui estoient bien de cinq à six mille hommes, tous armés au chef, tenant chacun une lance à un fenon blanc en sa main (à banderoles de satin blanc} et suy voient le Roi à la distance d'un Irait d'arc. El sitost que le Roy fust bougé, ne scenrenl ce qu'ils devinrent'. »

Ces hommes d'armes à banderoles blanches flottantes qui suivaient Charles VII à distance étaient probablement ceux de la compagnie de la Pucelle. Seulement, au lieu d'une centaine, on y en supposa de cinq à six mille.

Devant la soumission de Troyes et les faits accomplis, le grand chancelier de France fut obligé de reconnaître la justesse des prévisions de Jeanne d'Arc. Il se dit que le Dauphin pourrait tout luissi bien être sacré. Alors il se ressouvint (pi'il était archevêque de Reims et il jugea bon de le rappeler à ses diocésains. Le 12 juillet, il

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