Jean R'ogier, op. cit., pp
que les habitants de Troyes et de Châloiis leur avaient édiles en dernier lieu, et à celle qu'ils avaient reçue également de Regnault de Chartres, leur archevêque.
Ce n'est pas à cette démarclie que s'attendait le capitaine de la ville de Reims pour le duc de Bourgogne, Guillaume de Châtillon'. Le 4 juillet, à Chàteau-Tliierry, où se trouvait ce seigneur, le bailli de Reims était venu, au nom de ses concitoyens, le prier de se rendre dans leur ville avec une cin(piantaine de chevaux seulement. Cette particularité éveilla les soupçons du capitaine. Il se demanda si l'iiitenlion des Rémois ne serait pas d'ouvrir leurs portes au Dauphin. Dans tous les cas, à se rendre au milieu d'eux, il devait le taire, non avec quarante ou ciu(]uante cavaliers, mais avec une troupe imposante d'hommes d'armes. Il répondit donc aux habitants qu'il fallait an moins trois ou quatre cents combattants pour défendre la ville, et qu'il n'en prendrait la garde qu'à la condition d'occuper le château de Porte-Mars avec cinq à six des bourgeois les plus notables.
Peu de jours après, Guillaume de Châtillon se présentait sous les murs de la cité avec les seigneurs de Saveuse et de risle-d'Adam, et une troupe nombreuse. Les Rémois refusent de lui ouvrir leurs portes et de le recevoir. Châtillon alors les eng^age à tenir bon cinq à six semaines; rarmée (pie préparait le duc de Bourgogne ne pouvait être prèle plus tôt. Les bourgeois de Reims gai'dèrent leurs portes fermées, et laissant le capitaine-
/). (iuillauine, sei^'ncur de ('.lii'itiHon et de la Ferté en Ponthieu, ami de Jean de I^nxend)ourg'. il avait pour lieutenant un certain Jean Caiichon qui n'attendit pas l'entrée du roi dans Reims. Etait-ce un parent de l'évé(iue de Beauvais...? M. H. Jadart ne le dit pas [Op. cit., p. i8j.
boiirî^uiynon se morfonclre dehors, ils se réservèrent de prendre lel parli qu'il leur plairait".
Celui auquel ils s'étaient arrêtés comblait les espérances de la Pucelle et du Dauphin.
Le 16 juillet, d'assez bonne heure, en échang'e des clefs de la ville, les députés de Reims recevaient de (^.harles amnistie complète et les lettres d'abolition dûment scellées^. Ce même jour, vers neuf heures du matin, Reg-nault de Chartres, archevêque non encoie installé, entrait dans sa cathédrale, en prenait possession et y célébrait la messe. Le soir, aux portes de la ville, il recevait solennellement son souverain, et Chailes VII à la tête de ses troupes, tous étendards déployés, entrait dans la ville aux acclamations de tous les corps et confréries. A co\é du roi chevauchait Jeanne la Pucelle. Elle fut « moult rei^ardée », comme si elle eut été « une apparition céleste^ ».
Il avait été décidé (pie le sacre aurait lieu sans délai aucun, le lendemain 17 juillet, qui était un dimanche. La nuit qui précéda fut employée à préparer les choses nécessaires pour la cérémonie. On fit grande dilii^ence. Les habits destinés au Hoi furent aussi Ijeaux que ceux qui servaient d'ordinaire, mais (ju'ori n'avait pu se procurer, ces habits étant au |)Ouvoir des Ang^lais en l'abbaye de Saint-Denis, près Paris '^.