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nouvelle, leva la séance et se rendit avec la population tout entière à la cathédrale où l'on chanta un Te Deani\ C'est peu de jours après le sacre, sur la fin de ce mois de juillet, que le secrétaire de Charles VII, Alain Chartier, écrivit à un souverain étranger, au duc de Savoie probablement, cette lettre débordante d'enthousiasme dans laquelle il place Jeanne d'Arc au-dessus des plus fameux capitaines de l'antiquité, Hector et Alexandre, Annibal et César. « Cette Pucelle, dit-il, n'est pas seulement la gloire de la France, elle est la gloire de la chrétienté tout entière^. »
Ce lang-age d'Alain Chartier permet de comprendre la [)rofonde émotion ressentie par tous les loyaux Français lorsqu'ils ap[)rii'ent de quelle façon prodigieuse le fils de Charles VI avait reçu à Reims ce qu'on a pu a[)peler un huitième sacrement, le sacrement de la royauté^.
Selon la belle expression de Gaston Paris, « la vieille cathédrale de Reims avait vu, en celte année 1429, un sacre plus grandiose et plus émouvant que celui de Clovis'* ».
Jeanne, à Chinon, — le lecteur ne l'a pas oublié, — disait qu'elle ne donnerait d'autre titre à Charles VII que celui de « Dauphin », tant qu'il ne serait pas sacré et couronné. C'est que, à ses yeux, le sacre était ce « huitième sacrement » dont parle E. Renan. Les contemporains rapportent qu'elle se plaisait à nommer son
1. De Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, p. 280, note.