Ibid., y. y(j
CH. XXIII. LA MISSION HISTOKIOUE UE JEANNE d'aRC. 3o3
aucun. » Mais à ces sit^nes prochains elle en ajoute d'autres qui, survenant plus tard, dissiperont les doutes qu'on pourrait avoir sur l'objet de sa mission. Car cette mission ne sera pas terminée, tant s'en faut, lors(jue le Dauphin aura été sacré : d'autres événements devront s'accomplir. El c'est alors que la Voyante annonce aux membres de la Commission royale, comme devant advenir infailliblement, ces trois autres choses, ré[>utées alors im[»ossibles :
La ville de Paris rentrerait en l'obéissance du roi Charles;
Le duc d'Orléans, prisonnier, retournerait d'Ang-leterre et n'y mourrait pas ;
Les Anglais seraient « détruits », le mot y est. Durit (jiiod Anglici essenl desti'iicli\
Ce lang-age, si réconfortant pour le jeune prince et ses féaux sujets, la Pucelle tient à ce que les ennemis de la France ne l'ignorent pas. Elle se réserve de le leur signifier elle-même et elle leur écrit la lettre-sommation dont les juges de Rouen ont inséré le texte dans l'instrument du procès^.
En cette lettre, Jeanne n'use pas de circonlocution pour déclarer au roi d'Angleterre et à ses ca[)itaines (]u'elle est «envoyée de par Dieu le roi du ciel » ;
Qu'elle vient « réclamer le sang royal », c'est-à-dire réintégrer le fils de Chailes VI et la maison de Fiance dans tous leurs droits ;
Que la ville de Paris ne restera pas en la possession