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3o4 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUERIllÈllE.
de l'Aiig^lelerre, qu'elle se rendra au roi Charles, « lequel y entrera en bonne compag-nie » ;
Qu'ils ne tiendront pas « le royaume de France, mais le tiendra le roi Charles » ;
Enfin (pie, si elle esl « cy envoyée de j)ar Dieu, le loy du ciel », c'est pour les « bouter hors de France » et déli\ rer le royaume tout entier.
V'oyante insj)irée', Jeanne comprend donc dans roi)jet de sa mission une série d'événements fntuis dont la levée du siè^e d'Orléans est le j»remier et l'expulsion de l'Ani^lais le dernier. C'est à ce détiou<'ment (|ue, d'après ses déclarations de Vaucouleurs, Chinon, Poitiers, sa mission doit aboutir. Mais à Rouen, à la barre du tribunal qui la juge, dans la solitude affreuse de son cachot, la Voyante va-t-elle maintenir ses déclarations, n'essaieral-elle pas de les atténuer ou de les retirer?
\on seulement la prisonnière des Anglais ne retire ou n'atténue aucune de ses valicinations précédentes, non seulement elle les maintient, les confirme, les renouvelle, mais elle y en ajoute d'auties non moins étonnantes qui toutes vont au même but.
Coidirmation de ses valicinations de Chinon et de Poitiers.
Le juge interrogateur lui demande : — Vous avez été blessée à l'assaut de la bastille du Pont ; saviez-vous par avance que cela arriverait?
Jeanne répond : — Oui, je le savais. Je le dis à mon
I. Keuclons, puistjue l'occasion s'en présente, justice aux ennemis (Je Jeanne. <i Pucelle, Voyante inspirée de Dieu, — Piiella, Dei vales » ; c'est le nom qu'un de leurs historiens adoptifs, Polydore Virgile, donne à la grande Française. {Procès, t. IV, p. 47^-) Un chroniqueur anglais, William Wyrcester, la nommera « Pucelle de Dieu ». (Ibid.)
cil. XXIII. LA MISSION HISTORIQUE DE JEANNE d'aRC. 3o5
Roi; que d'ailleurs la blessure ne m'empêcherait pas d'agir.
J'étais assurée aussi de faire lever le sièg-e d'Orléans, car cela m'avait été révélé. Avant de venir dans la ville, je l'avais dit à mon Roi. ,1e lui dis aussi que je le mènerais sacrer à Reims'.
Le jour du prononcé du Réquisitoire, à l'article XVII le promoleur reproche à l'accusée d'avoir promis à son roi trois choses : i" de faire lever le siège d'Orléans; 2" de le faire couronner à Reims ; S» de le délivrer de tous ses ennemis, tant Ang-lais que Bourg-uig-nons.
A cet article, la V'^oyanle répond : — Oui, j'ai porté des nouvelles de par Dieu à mon Roi. Il lui rendrait son royaume, il le ferait couronner à Reims, il lui donnerait la victoire sur ses adversaires. Et de ce, je fus messag^ère de par Dieu. Qu'il me mît hardiment en œuvre, je ferais lever le siège d'Orléans. Et quand je parle du royaume, je veux dire le royaume tout entier^.
Au cours des interrogatoires, le juge lui demandant quelles promesses ses saintes lui ont faites : — Elles m'ont assurée, dit Jeanne, (lue mon Hoi serait rétabli dans son royaume, que ses adversaires le veuillent ou non 3.
Pour la délivrance du duc d'Orléans, qu'on lise les pages i33, i34 du procès de condamnation.
Pour rex[udsiou finale de nos ennemis, dernier mot de sa mission, il faut entendre la réponse de la prisonnière à cette interrogation : Dieu hait-il les Anglais?
— De l'amour ou de la haine que Dieu a [)0ur les