‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 242 sur 381 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En livrant aux llammcs la jeune fille qui leur avait arraché la proie ipi'ils s'apprêtaient à dévorer, les Anglais pensaient conjurer à jamais le mauvais sort jeté sur leurs armes. Ils se trompaient : vingt ans s'étaient à jteine écoulés que la pro|)hétie de la Voyante s'accomplissait : ils (piillaient la France pour n'y plus revenir; a exce{)lé, selon l'observation de Jeanne, ceux dont le sol français g"ardait les cadavres ».

Vers ce même temps, justice allait être rendue à la libératrice : Rome se préparait à la réhabiliter, le pays à l'acclamer et à la glorifier. D'une part, le docteur (pii ouvrit la première enquête de la revision, Guillaume Bouille, doyen de Xoyon, écrivait :

« Jeanne a restauré enfin ce royaume de France, ainsi qu'elle l'avait annoncé. N'a-t-elle pas rempli ses ennemis de frayeur, ne les a t-elle pas chassés? A sa voix, l'ar-

GIF. XXIII. LA MISSION HISTORI^)UK DE JEANNE d'aRC. S'iQ

deur n'a-t-elle [vas succédé à l'inertie? Depuis ce monienl, la force de nos adversaires n'a-t-elle pas constamment décliné'?

D'autre part, le peuple de P'rance acclamait celte enfant sortie de son sein, celte villageoise qui avait aimé son pays jusqu'à se sacrifier pour lui, et il la g-lorifiait comme l'auteur principal de l'expulsion des insulaires envahisseurs. Sans méconnaître la part qui revenait aux Dunois, aux Richemont, aux La Hire dans cette œuvre de la délivrance nationale, au-dessus de toutes ces figures il ne cessa d'apercevoir une figure plus radieuse, celle de la vierge inspirée, de l'héroïne de Pataj, de la martyre de Rouen ^.

Dans son Histoire de la Piicelle , Edmond Richer signale, entre autres biens dont le pays est redevable à Jeanne d'Arc, la paix qui lui fut rendue et qui a été comme le couronnement de sa mission. « Et peut-on dire, remarque-t-il, que Jeanne a servi au roi et à la F'rance d'ange de paix. La paix, voilà le grand bien qu'il a plu à Dieu nous moyenner par celte Pucelle qui devrait avoir autant de statues de bronze en France que jadis on eu di'essa à Démétrius de Phalères, le méritant beaucoup mieux 3. »

Au lendemain de la béalificaliou de l'envoyée de Dieu, ce vœu de son premier historien en date n'est-il pas

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