‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 241 sur 381 · Ihid., p. il\'j · texte numérisé non relu

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Cir. XXIII. LA MISSION HISTORIQUE DE JEANNE d'aRC. 827

ver. Ce n'(^.(ait [)lus le cas de lui [)arler de nouveaux combats suivis de nouveaux succès, comme ceux de la levée du siège d'Orléans et de la campagne de la Loire : il ne devait plus y en avoir de tels pendant la vie guerrière de l'envoyée de Dieu.

Au point où elle en était, elle n'avait qu'à recueillir les conséquences du courageux effort qu'elle avait accompli; et ces conséquences n'étaient point de peu de prix puisqu'elles firent ouvrir à l'armée royale les portes d'un grand nombie de places de la Champagne, de l'Ile-de- Fiance et de la Picardie.

Et puis, la jeune guerrière devant prochainement disparaître, il était bon qne les capitaines s'hal)ituassent à ne [)as compter uniquement sur elle. Les seules choses dont elle ne prendra pas son parti, sont l'inaction, l'oisiveté, la mollesse. Qui pourrait dire qu'elle n'a point obéi à saint Michel et à ses saintes lorsque, en mars i43o, elle quitta la cour et gagna l'Ile-de-France?

Un dernier reproche, et non le moindre, qu'on peut adresser aux théoriciens qui limitent au sacre de Reims la mission de la Pucelle, c'est de paraître en exclure sa captivité et son martyre. La révélation de Melun oblige d'admettre que les épreuves qu'elle lui annonçait étaient partie intégrante de l'œuvre libératrice dont elle était charjfée de par Dieu. Quand le moment viendra de décider la sortie de Compiègne, les saintes'de Jeanne ne lui diront rien; elles ne la détourneront pas d'une résolution qui devait aboutir à un insuccès. Pourquoi? Parce qu'il importait à la servante de Dieu de connaître l'insuccès; parce que cet insuccès et ses suites rentraient dans le plan de la Providence.

Nous l'avons déjà dit et c'est toujours vrai : Dieu

voulait autant la sanctification de la jeune vierge [»ar la soutlrance, sa gloi'iHcation par \c. martyre, qu'il voulait la délivrance du royaume et le relèvement du pays. En ces épreuves terribles, Jeanne comprit ce que Uieu lui demandait. Déférant au conseil de ses saintes protectrices, elle s'en remit à lui de raccomplissemenl de sa mission, elle prit tout en gré, et confiante en l'avenir pour ce (jui regardait le royaume, elle alla recevoir l'uni- (jue récompense qu'elle eût sollicitée, « le salut de son âme au royaume du paradis ».

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