Per'ceval ue Cagnv, Procès, t. IV, p
GHAP. XXIV. CAMPAGNE DE l'iLE-DE-FRANGE. SSq
les événements avaient soulevée dans le pays et ne [)as laisser aux adversaires le temps de se reconnaître.
Le duc de Bedford ne se faisait point illusion sur les desseins de Jeanne et sur l'espoir (ju'elle caressait d'ouvrir à Charles VU les portes de sa capitale. Il écrivait au Grand Conseil d'Angleterre (|ue si le jeune Roi venait devant l\iris, il n'en serait pas de cette ville comme de Troyes, Cliàlons et Reims, et qu'il y aurait résistance.
L'armée royale se mit donc en marche dans la direction de Soissons '.
<( Et chevauchait la Pucelle devant le Roy toute armée de pleins harnais, à étendard déployé; et quand elle était désarmée, avait-elle état et habits de chevalier : souliers lacés dehors pies (extérieurement sur le pied), pourpoint et chausses justes, et un chapelet (petit chapeau) sur la lèle; et portait très nobles habits de drap d'or et de soie bien fourrés^ ».
Et pendant que les troupes poursuivaient leur marche, la jeune gueirière faisait beaucoup « de diligences pour réduire et mettre plusieurs places en l'obéissance du Roy. El ainsi en fut-il; car un certain nombre de {)laces en furent faites par elle françaises^ ».
Le 22 juillet, CHiarles recevait la soumission de V^aillysur-Aisne, petite ville dépendant de l'archevêché de Reims, et il y passait la journée. Le 28, il entrait dans Soissons, « où il fut reçu à tiès grande joye de tous ceux de la cité qui moult l'aimaient et désiraient sa venue. Et là lui viiwent les très joyeuses nouvelles que Crécy-en-
1. Voir, aux No/es et Pièces justificatives, l'itinéraire suivi par la petite armée royale, de l\ciins à Compiè4j;ne et l^aris.