‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 25 sur 381 · Journal d'un Bourgeois de Paris, p · texte numérisé non relu

Journal d'un Bourgeois de Paris, p

Sur fjuoi, le chapelain « lui bailla l'absolution telle quelle ». La Hiie, plein de cotiij)oncti(>n, joint les mains et récite celte prière qui méritait bien d'être transmise à la postérité : « Mon Dieu, je te prie de faire aujourd'hui pour La H ire autant que lu voudrais (jue La Hire fît pour toi, s'il était Dieu, et que tu fusses La Hire. » Et, remarque le Chroniqueur, « il cuidait très bien piiei"' ». Parmi les forteresses que les Anglais, de vive force ou autrement, soumctiaient à leur puissance, il y en eut une (pii demeura inviolable et debout, en dépit des attaques incessantes dont elle fut l'objet : cette place avait pour premier capitaine un moine, l'abbé du Mont-Saint- Michel au Péril-de-la-Mer, et pour premiers défenseurs ses religieux.

I. GousiNOT DE .Monthi'.lii,, ('Jir<>iii<iiie (le Iti l^iicelli', ^y. 2l\\y--2f\(i.

Etienne de Vi^nolles, connu stirlout sous le nom de La Ilire, était né vers ivJgo dans le comté de (".ommiuiçes, selon les uns, à N'ignollcs , dans l'ancienne scMiécliaussée de Tartas, au pays de lii4;;orre, selon les autres. N'aillant homme de guerre, avec son ami et compagnon d'armes l'olon de Xaintrailles, il défendit, en il\i9i, Coucy contre les Bourg'uignons. En i/|22, il était capitaine de Vitryen-Champaiçne. Après la Rescousse de Montargis, il prit une part îïlorieuse à la défense d'Orléans e( à la campaijfne de la Loire. On verra dans le cours de celte Histoire (|ue La Hire fut 1res dévoué à la Pucelle. On croit (ju'il avait connu le parent de Jeamie d'Arc, curé de Sermaize, Henri de \ outhon, penilant son séjour eu Champaii^ne. Il avait eu à se défendre dans son église contre les lîarrois. Pendant la captivité de Jeanne à Rouen, il tenta, croit-on, de la délivrer. Nommé en i433 lieutenant du roi et capitaine général des pays au nord de la Seine, avec Laon pour (piartier général, il moui'ut en \[\l\'2, à Montauban, des suites de ses blessures. La Hire avait un frère qui combattit avec lui à Orléans. D'après le Journal du siège, p. 78, il y entra le 28 avril avec l^'lorent d'Illiers qui, de Cliàteaudun, amenait quatre cents hommes.

Dans le Jouvencel dont il a été question plus haut, chap. vu en particulier, quelques-uns des faits d'armes de La Hire sont rappelés. Voir, sur ce vaillant personnage et son ami Poton de Xaintrailles, Henri (Ihapovs, Les compagnons de Jeanne d'Arc, chap. xi.

CHAP. XIV. LA « PITIIi; DU ROYAUME DE FRANCE. » 87

En ses lettres du 3 décembre 1426^ le roi Charles reconnaissait « qne ladite |)lace de Saint-Michel avait été la seule préservée an pais de Normandie par les relig-ienx du Mont' ». En i44t»? Charles VII pouvait leur rendre le même témoignage; car si, pendant ving"l-huit ans, la forteresse ne cessa d'être assiégée ou bloquée, l'ennemi n'y pénétra jamais, et Louis XI appelait en tonte justice, dans une de ses chartes, le Mont-Saint-Michel (( la bastille la plus forte et la plus renommée de notre pays et du duché de Normandie' ». Grâce à la vaillance avec laquelle chevaliers et moines défendirent ce rocher. Je proverbe se répandit que « si la Grèce avait eu ses Thermopyles, la France avait son Mont-Saint-Michel-'' ».

Ce que la force n'avait pu faire, la trahison essaya de l'accomplir. Un des abbés du Mont, Robert Jollivet, alla se vendre aux Anglais. Les moines, ayant appris sa trahison, s'assemblent en chapitre et nomment « vicaire général » leur prieur conventuel, Jean Gouault. Le Pape confirme l'élection et la forteresse reste française*.

Pour repousser les attaques auxquelles ils vont être en butte, les religieux font ap[)el au patriotisme et à la religion de Jean d'Harcourt, comte d'Aumale, le futur vainqueur du combat de la Gravelle. D'Harcourt, qui a choisi pour devise « Aultre ayde n'ay que sainct Michiel- », accepte la charge de défendre le Mont et prépare toutes choses en conséquence. Lorsque Bedford organise le blocus de la forteresse, Jean Gouault, épuisé d'argent,

1. Paul Féval, Les /neroei/les du Mont-Sitint-}fi('liel, p. 2G9.

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