‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 264 sur 381 · I. Procès, t. V, pp · texte numérisé non relu

I. Procès, t. V, pp

•>. J.OuicHERAT^ Revue de Normandie, livraison du 3o juin 1866. Noiirelles preuves des trahisons essuyées par la Pucelle. — Voir, |)our l'opinion opposée, l'article de M. G. du F'resne de lîeaucourt : La trahison de Charles Vf/, dans la Revue des questions historiques, t. II, pp. 28G-291, année 18G7.

3. <( Un vain([ueur qui traite avec l'allié du vaincu pour solliciter de lui une défaite, dit J. Quicherat, est quelque chose de si extraordinaire que, même du côté des ennemis, le plus ufrand nombre ne le comprit pas. Mais les causes posées n'en produisirent pas moins leurs effets, i) {lieime historique, 7" année, t. XIX, mai-juin 1882,)

Le chroniqueur Berri ne taxe pas Charles Vil de faiblesse, mais il ne serait pas éloij^né de voir chez lui de la naïveté et de la crédulité. « A Compiè<»ne, dit-il, vint messire de Luxembourg qui fist moult de promesses de faire la paix entre le Roy et le duc de Botirgogne, dont il ne fit rien, sinan le décevoir. « Procès, t. IV, p. l\-j.

36o JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUERRiÈllE.

des aimes, Ue plus, le droit concédé au duc de Bourgogne de défendre Paris de concert avec les Anglais, si Jeanne venait à l'attaquer, vouait cette dernière à un échec inévilable : autant ce droit était de nature à redoubler la confiance des Anglo-Bourguignons, autant les troupes royales devaient en être refroidies et déconcertées. Quoi qu'il en soit, bien aveugles étaient les ministres qui ne voyaient pas que bon nombre de villes et forteresses des provinces voisines ne demandaient qu'à ouvrir leurs portes à Jeanne et au roi Charles.

Ce n'est pas un chroniqueur du parti français, c'est le Boiirî^niunon Monstrelet qui a écrit ces lignes :

(( Pour vérité, si {(Charles VU) atout {avec) sa puissance fut venu à Sainct-Quentin, Corbye, Amiens, Abbeville et plusieurs autres fortes villes et foris chasieaux, la plus grand partie des habitants d'icelle contrée esloient tout prêts de le recepvoir à seigneur, et ne désiroient au monde aiillre chose que de luy faire obéissance et plaine ouvertiiie. » Pendant le séjour de Regnault de Chartres à Arras, les bourgeois de la ville et gens du pays de Picardie venaient « devers le chancelier de France solliciter rémission, lettres de grâce et antres mandements royaux, comme si le Roy fut pleinement en sa seigneurie. Toutefois, il ne luy fut point conseillé {à Charles VII) de traire {aller) si avant sur les marches du duc de Bourgogne, tant pour ce (piil le sentoit fort de gens de guerre, comme pour l'espérance qu'il avoit que aulcun bon traicté se fist entre eux '. »

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