DE LA SITUATION
Pendant que ces nég-ociations tliplomaliques se poursuivaient, la pelite armée royale attendait le moment d'aborder ces Ang-lais devenus tout à coup si craintifs.
Quoiqu'il n'y eut pas de bataille livrée, l'ardeur dont les troupes étaient animées, la confiance que la présence de la Pucelle leur inspirait était bien pour quehpie chose dans l'empressement avec lequel les villes et forteresses se rangeaient sous l'obéissance du « g-entil roy Charles ».
Le cordelier Frère Richard était toujours, depuis Reims, en la compagnie de Jeanne d'Arc et du Roi'. La nouvelle en vint jus(jue dans Paris. « Aussitôt que ceulx de Paris furent certains que Frère Richard chevauchoit ainsi, et que par son langage il faisoit ainsi tourner les cités qui avaient faiz les serments au Régent de France ou à ses commis, ils le maudissoient de Dieu et de ses saints, et, qui pis est, les jeux, comme des tables, des dés, brief, tous autres jeux qu'il avoit deffer.duz, recommencèrent en despil de luy". »
Toutefois, on ne voit pas que les liabitants de la capitale et leurs seigneurs et maîtres les Anglais aient été pour cela plus rassurés. En apprenant que les troupes
1. « Item, pour vray, le cordelier qui presclia aux Innocents, qui tant assembloit de peuple à sou sermon, pour vray chevaulchoil avec eux. » {Jonrna/ d'un Bourgeois de Paris, p. 242.)