Jouriidl d'un Boiinjeois de Pai'is
Pour gagner les pi-évots el les éclievins à la cause royale; on avait jeté dans la ville des lettres au sceau du duc d'Alençon, dans lesquelles les magistrats étaient salués par leur nom et sollicités d'eml)rasser le parti du Roi et de la France contre les élrani^ers'. Les magistrats à qui l'on s'adressait étaient beaucoup trop Anglais de cœur pour être sensibles à cet appel. Au lieu d'incliner les esprits vers la conciliation, ces lettres fournirent aux ennemis de la paix l'occasion d'exciter la population contre C.liarles de Valois et les Armagnacs. Ils ré()andil'enl le i)iuit cpie si le Koi prenait la ville, il se pro[)Osail de faire passer la charrue sur le sol. Ce fut un motif de plus pour hâter les pré[)aralifs de défense. On creusa des fossés, on pré[)ara les murailles, on mit en place les pièces d'artillerie; à chacun des capitaines fut par avance assignée « sa garde es lieux propices et convenables ». En sorte qu'ils étaient tous décidés à « combattre moult vigoureusement et de grand courage ' ».
D'autre pari, les hésitations du roi Charles et l'inaction de son armée qui en était la conséquence affermissaient la confiance des Parisiens gagni's à la cause anglaise. Les Franrais avaient passé près de huit jours sans essayer d'attaque sérieuse; ils se bornaient à escarmoucher aux portes de la capitale et, dans la journée du 7 septembre, ces escarmouches furent assez bénignes. Jeanne d'ordinaire les accompagnait pour étudier le terrain et se rendre compte des chances d'un assaut 3. Les bourgeois de Paris, voyant qu'on n'attaquait point, étaient tout
1. Journal il'ii/i JJnii/-//i'ois de Pftris, pp. 2/\3-'2l\l\.