Behri, Procès, t. IV, pp
4. Chronique dâ Normandie, dans Ouiclieial, Procès, t. IV, pp. 342-343.
5. Jonrncd d'un Bourgeois de Paris, p. 24O. — Les Français enfermèrent leurs nnorts dans une tfranife, près des Porclierons, et les brûlèrent. {Ihid.)
CHAP. XXV. l'kCIIEC DE PARIS. 383
ment versé, el on Ini fera un crime d'avoir donné l'assaut le jour de la Nativité de la Suinte Vierge '.
Dans Paris, l'épouvante avait été grande. « Ceux d'icelle ville » étaient à la gTand'messe en l'honneur de la fête, au moment où l'atlacpie commençait. Ils eurent « si grand peur, (juand ladite Pucelle et dites gens y donnaient ledit assaut, que ils s'enfuyoient des églises et cuidoient (]ue ladite ville fust prise, ainsj que plusieurs religieux et autres rapportèrent après au Roy nostredit seigneur'^. »
Le greflier du Parlement, Clément de Fauquemherque, qui était parmi les assiégés, écrivait cette note : « A cette heure, il y eut dedans Paris gens qui élexèrenl une voix en toutes les parties de la ville deçà et delà les ponts, crians que tout estait perdu, que les ennemis estoient entrés dedans Paris et (pie chacun fit diligence de se sauver. Et à cette voix, se départirent des églises de Paris tous les gens estans lors aux seimons, et furent épouvantés, et se l'etirèreut en leurs maisons, et fermèrent leurs huys (portes) \ »
Le lendemain vendredi, Jeanne, convaincue qu'un nouvel assaut finirait par aboutir, se leva « bien matin », quoique soutirant de sa blessure. Elle pria le duc d'Alen-
1. .M. Alexandre Tuetey a donné, dans sa savante édition du Journal d'n/i Bmirr/cois de Paris, une relation inédite de l'aUaque de t*;iris due à Nieolas Sellier, gretlier du chapitre de Notre-Dame, et insérée dans les délibérations ca|)itulaires. Nicolas Sellier nous apprend que les Français laissèrent sur le champ de bataille six cent soixante-dix échelles et quatre mille clayes, (|ue trois cents chariots y avaient transportées pour cond)ler les fossés et donner l'assaut. {Journal d'un Bourgeois de Paris, pp. 244-245, note i.)
2. Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 245; — Belation du Livre noir de La Rochelle, Revue histori(pie, t. I^^ p. !^!44-
?>. Procès, t. I\', p. 457.
384 JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE ». PHASE GURKUlKUi:.
(;(ni, « (ju'il fît sonner les iroinpelles et monter à clie \al {)our retourner devant Paris. — Par mon niarlin, disait-elle, jamais je n'en {)arlirai laiil (jue je n'aurai la \ille '. » Le duc el (ju('l(|ues-uns de ses capitaines étaient prêts à faire la volonté de .leanne; mais il y en avait aussi d'un avis contraire. Pendant qu'on discutait, sur- \'\\\[ le sire de Montmoicncv, à la tète d'une cin(|uantaine tle genlilsiiommes. Le premier baro/i c/irétien^, jus(pie-là partisan du duc de Boui^o^rie, abandonnait les Aimlo-liourj^ui^iions [)Our se rendre en la coiupa^nie de la Pucelle. Sa présence fil tomhei- toutes les hésitations et l'on se mil en maiclie sui" la caj)ilal('. On appiocliait de la ville lorsrpie le comte de (Mermont et l<; duc de Bar accouient, porteurs d'un ordre formel de Charles VII invitant la Pucelle à ne point « alh'r plus avant el à retourner devers le Roy à Saint-Denis ». Invitation pareille est faite au duc d'Alençon. Quant aux autres capitaines, il leui' était commandé « qu'ils s'en vinssent el amenassent la Pucelle devers lui ». Jeanne, le jeune duc cl le |dus grand nondu'e de leurs î^ens en furent « très marris », maison ohéit à la volonté royale 3.
Il restait à la jeune guerrièi-e un dernier espoir : passer la Seine sur le pont que le duc d'Alençon avait fait jeter à la hauteur de Saint-Denis, et attaquer Paris par la rive gauche. Le samedi, à la première heure, la Pucelle, le duc el une élite d'hommes d'armes rejoig-nent le