‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 285 sur 381 · Th. Basin, fîistoire de. Charles VII, pp · texte numérisé non relu

Th. Basin, fîistoire de. Charles VII, pp

4. Registre des délibérations du chapitre de Notre-Dame, Arch. nation., LL, 716, p. 174-

5. Përceval de Cagny, p. 29. — D'après Monstrelet, « le roi Charles, triste et dolent, s'en alla à Sentis pour garir et médiciner les navrés. Et les Parisiens se reconfermèrent (s'aHerinirent) les uns avec les autres, promettans que de toute leur puissance ils résisteraient jusipi'à la mort contre yceluy roy Charles qui les vouloit du tout détruire. » Monstrelet, Chronique, livre II, cap. lxx; t. IV,

CHAP. XXV. — l'Échec de paris. 887

venient des Parisiens en favenr de la cause nationale...?

Des mémoires du temps le donnent à entendre'. « Le Roi, disent-ils, attendait non loin de la capitale; les habitants pouvaient chang-er leurs disposilions à son ég-ard et le rappeler. Mais ce que l'on espérait ne se produisit pas. » Alors le Grand Conseil, considérant la puissance des Anglais dans Paris et le défaut d'argent pour entretenir l'armée, décida, quoi que pût dire Jeanne, que le sièg-e serait abandonné. Le Roi nomma Charles de Bourbon, comte de ClermonI, son lieutenant g-énéral dans l'Ile-de-France et le Beauvaisis; il confia le soin de défendre Saint-Denis à l'amiral de Culan; .Jacques de Chal)annes fut capitaine de Creil ; Regnault de Cliarties et le comte de Vendôme devaient se tenir à Beauvais. Ces mesures arrêtées le i3 septembre, Charles VII quittait Saint-Denis après dîner et se mettait en route pour regagner la Loire^.

La pensée inspiratrice de toutes ces délerminalions élail l'espoii- d'arriver à une entente avec le duc de Bourgogne et d'ol)tenir, à force de condescendance, qu'il tînt sa promesse d'ouvrir à Charles Vil les portes de sa capitale. C'est pourquoi, au lendemain de ratla([ue de Paris, Regnault de Chaitres renouait à Saint-Denis des nég-ocialions avec les représenlanls de Philippe, Jean de Luxembourg et le sire de Laniiov. Le 18 septembre, des lettres royales, datées de Seiilis et contresignées par le comte de Clermont, étendaient le bénéfice de la trêve de quatre mois à Paris et ses environs, y compris les ponts

I. Mémoires de Pie II, Pkocès, t. IV, p. 5i5 ; — Pekceval de Ca- GNY, op. cit., p. 3o.

•j.. Perceval de Cagny, p. 2() ; — Journal du siège, p. i3o.

.')88 JKANNE ET SA « MISSION DK VIE ». PHASE GUKRRIKUE.

de Saint-Cloud el de Charenlon, Saint-Denis et le cliàleau de Vincennes. Arrivé à Gien, Charles VII expédiait au duc de Bourgogne le sauf-conduit que ce prince avait sollicité; il renouvelait la trêve du 2^ août dans les conditions susdites et la prorogeait jus'prà la Pà(jne de l'année i/jSo '.

La trêve prorogée amena non la paix, mais la guerre: la paix, on ne devait l'avoir, selon le mot de Jeanne, (pie /)ar le boni de Ut lanre. Charles attendit sej)l ans la j)ossession de sa capitale, (jue présentement un etl'orl de vingt-quatre heures lui eùl livrée. Ce n'est pas Philippe de Bourgogne (pii lui en ouvrit les porles; ce fuient les anciens compagnons de Jeanne d'Arc, le connétahie de Bichemont et ses capitaines.

« Quand la Pucelle vit (|ue à son partement ((h'part) elle ne pouvait trouver remède, à lièsgfant regret elle se mit en la compagnie du K(ji. » Elle ne pouvait consentir à s'éloigner de l^aris. Ses Voix d'ahord lui ordonnaient de demeurer. A la fin toutefois, elles lui permirent de partir. « Si je n'avais été blessée, disiiii-elle plus lard, je ne serais [>as |)arlie; les seigneurs m'emmenèrent malgré moi '. »

Du reste, la blessure de la jeune Lorraine n'avait pas de gravité. Au bout de cinq jours, elle était guérie.

Avant son dépari, Jeanne voulut déposer en ex-uolo dans la basilique de Saint-Denis, devant l'image de Notre-Dame et les reliques du saint martyr.. « tout son har-

1. Procès, t. IV, p. 39/1; I. V, p. 174. Voir, sur ce sujel, les dcruiers historiens de (Charles Vil, el, au tome IV de la Chronique Morosini, pp. 332-3rjo, Annexe xviii, les remanjues de M. (Jermain Letevre-Pontalis.

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