Procès, t. I, pp. 57, aOu
cnAP. XXV. — l'Échec de paris. 889
nais complet », c'esl-à-dire sa blanche armure et l'épée (in'clle avait conquise devant Paris. « Je le fis par dévotion disait-elle. C'est la coutume des gens d'armes quand ils sont blessés. J'avais été blessée. J'offris mes armes à saint Denis, parce que c'est le cri de France (Montjoie Saint-Denis' !). »
De Saint-Denis, Charles VU vint à Lag-ny-sur-Marne. Les habitants de cette petite ville, (|ui étaient allés lui faire leur soumission dans la royale abbaye, eurent la joie de le recevoir le i4 septembre dans leurs murs. Le roi leur donna pour capitaine Ambroise de Loré avec messire Jean Foucault comme lieutenant. De Lagiiy, Charles gagna Provins (if) septembre) et Bray, où il tra\ersa la Seine. Sens refusant de lui ouvjir ses portes, le monarque passa l'Yonne à gué. Courlenay, Chàteau- Renart, Montarg-is furent ses dernières étapes. Le 21 septembre, il était (( à disner » dans Gien d'où il était parti trois mois au[)aravant ^.
1. Procès, t. I, |i. 179. — ■ Nous verrons au chapitre suivant que les Ang-lo-Bourguit;'nons emportèrent ces armes, ([uand ils reprirent Saint-Denis. L'historien de cette abbaye dit à ce propos : « t^'épée scuk^ demeura avec sa ceinture de buffle, dont les annelets, garnitures et boucles des pendants étaient d'or, que j'ai vus maintefois. » (J.\couF,s Doublet, Histoire de l'abhuije de Sdint-Denijs en France, p. i3i4.)
Au chapitre xlvi, livre 1er du même ouvrage, p. S^y, ce religieux note entre autres objets précieux gardés au trésor de l'église de Saint- Denis : (( Une espée de très bonne trempe, garnie au milieu de son pommeau de deux esmaux d'or, l'un de nostre Dame, l'autre d'un soleil, qui est celle de Ut très valeureuse Pucelle Jeanne. » Sans doute, cette épée et celle dont parle plus haut Doublet sont une et même é[)ée.
On a dit aussi que l'armure olferte par Jeanne à Saint-l^enis serait actuellement au musée des Invalides, à Paris, série G, n° 119.
2. Journal du siè(je, p. i3o; — Perceval de Cagny, op. cit., p. 29.
SqO JKWNE et sa (( MFSSION DE VIE » . PHASE CUEIVRlÈllE.
Jeanne avait tenu sa parole au gentil Dauphin : après avoir délivré Orléans des Ani^lais, elle avait mené Charles VII à Reims et l'y avait fait sacrer. Si elle ne le mit pas en possession de Paris, comme elle y avait compté, ce ne fut pas de sa faute : la mauvaise volonté des principaux conseillers du Roi, la faiblesse et la versatilité de Charles lui même ne lui permirent pas de retirer de l'expédition de l'Ile-de-France les avantages (|n'elle avait lieu d'espérer.