‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 29 sur 381 · Paul Féval, op. cit., pp. 2O · texte numérisé non relu

Paul Féval, op. cit., pp. 2O

2. Monstrelet, Chronique, liv. II, ch. xli, t. IV, pp. 275-276. Qu'on lise dans VHisioirc de Doni Huynes le cinquième traité qui

a pour titre : « Des soldais et de la conservation de cette abbaye contre ses ennemis », et en particulier les chapitres l\-xiii. Le litre du chapitre xiii est sic^nificalif : « De vingt mille hommes tués sous ce rocher, et de la fuite des Anglais de toute la Normandie. »

4o JEANNR ET S\ <( MISSION DE VIE » PHASE GUERRIERE.

elle ne se composait guère (jue de mercenaires el de stipendiés. Le temps n'était [)Iiis où les souverains ne inarcliaient qu à la tète des barons de France et de leurs vassaux. Dans les difficultés qui s'étaient multipliées, il avait fallu recourir à des chefs mercenaires et à des étrangers. Ces chefs de bande, véritables aventuriers, étaient ordinairement des nobles el seigneurs n'ayant pour tout bien que leur é[)ée. Leur audace, le nombre des routiers ou ribauds auxquels ils commandaient oblig-eait les souverains à les ménager. Avec les gouviM-neurs des pr(»\inces, ils traitaient de puissance à puissance; avec les j)()j)ulati()ns, ils op[)rimaienl et [)illaient sans craindre de répression.

Aux mercenaires que ces capitaines de grand chemin reci'utaient et engageaient contre finances au service du Roi se joignaient les étrangers. (Uiarles VII s'adressa de préférence à l'Espagne, à la Lombardie et à l'Ecosse. En i/j'j.'^, la Lombardie lui fournissait six cents hommes ti'armes et mille hoiniiies de pied. Mais les désordres auxquels ces étrangers s'abandonnèrent devinient si criants que Charles VII « dut, par une ordonnance du 3o janvier 1/124, renvoyer de son service tous les routiers autres que les Ecossais el les Lombards ' ». Ceux-ci étaient disciplinés.

Les secours les plus considérables vinrent de l'Ecosse au jeune Roi. Archibald de Douglas lui amena jusqu'à (juatre mille combattants en i/p/j- Pour le remercier, Charles VII « lui donna le duché de Touraine' » ; acte

1. C. Dakeste, Ilistoii'e de France, t. III, p. 72. rii-nid in-8", Paris, 187/1.

2. Denys (ïodekuoy, Ilisloive (le ('Jidrle^ ^11, (Jliroiii(iiie tic l>eiri, pp. 370-871 .

de générosité contre leciuel la ville de Tours protesta vainement. Les auxiliaires Ecossais prirent part à toutes les affaires militaires des premières années du règne, à celles de Baugé, de Grevant, de Verneuil, de Rouvrav. A Crevant, ils furent presque anéantis; à Verneuil, ils furent si maltraités qu'ils ne formèrent plus dans l'armée française un corps à part'. En ces années-là, on vit l'épée de connétahh; de France entre les mains du comte de Bucland, Ecossais, iils du régent Albany. De vastes et beaux domaines^ seigneuries, chàtellenies furent distribués à ces montag-nards descendus des Hautes terres d'outre-Manclie. Les capitaines français virent sans regret finir ce rég'ime de faveur^.

Avec des troupes ainsi composées, que pouvait espérer le fils de Charles VL? Les dernières batailles livrées avaient été funestes à ses armes; que lui réservait un avenir prochain? Les circonstances devenaient graves ; des événements de grande conséquence se préparaient. Enhardis par la série ininterrompue de leurs succès, les Anglais jugèrent, en 1428, le moment favorable pour en finir avec le roi de Bourges.

Sur les instances du Conseil royal d'Angleterre, le duc de Bedford réunit le Grand conseil de régence, lequel était distinct du Grand conseil de Normandie et siégeait d'ordinaire à Paris-\ Plusieurs assemblées eurent

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