Ibid.^ pp. 25o-25i
ciiAP. XXV. — l'kciiec de paris. .'^95
A ces accusalions sans preuves, Jeanne oppose une dénégation absolue. « Que Jésus lui ait failli, dit-elle, elle le nie '. »
Il restait au Promoteur un moyen de prouver ce qu'il avançait : c'était de citer les témoiyna^^es auxquels il faisait allusion, de mettre Jeanne en face de ceux qui les produisaient. D'Estivet n'en a rien fait. Dans les chroniqueurs du temps, on ne trouve mentionnés que des bruits grossis et dénaturés par la crédulité populaire^; jamais on n'y rencontre un témoignage positif, catégorique, absolument digne de foi.
Alors, d'où venait à la Pucelle cette confiance dans la prise prochaine de Paris, cette assurance donnée au comte d'Armagnac qu'elle y serait avant peu? — Elle lui venait du désir ardent qu'elle éprouvait de ravir aux Ang-lais un si beau g'age, et de rendre Paris au Roi et au royaume. Dieu permit qu'elle se trompât : il lui ouvrait de la sorte, on ne saurait trop le redire, cette voie de mécomptes et d'épreuves qui devait aboutir au bûcher de Rouen. Humainement parlant, rien de plus naturel, rien de plus explicable que la confiance dont la Pucelle était animée. Après Orléans et Reims, après la soumission de Reauvais, Compiègne et Senlis, Jeanne avait le droit d'espérer que Paris suivrait l'exemple de toutes ces villes. Et, de fait, c'était l'opinion générale que la jeune guerrière aurait pénétré dans la capitale, soit le jour même de l'assaut, soit l'un des jours suivants, de gré ou de force, si le mauvais vouloir de cer-