Procès, t. IV, pp. [\-2, ()i
2. PiERKE Champion, Gnillaiitne F/aoi/, capitaine de Compiègne, p. 38. — Même paçe, note 2, l'auteur identifie ce personnage et le bien-fomlé de ce passage de la Chronique de Tournai : « Le roi, par autorisalion de son conseil, envoia en leur aide 11»^ hommes italiens. » Ce Baretta resta eu garnison à Compiègne pendant le siège.
français'. C'est là qu'une révélation formelle déchira le voile qui lui cachait son avenir. Ses saintes aimées lui découvrirent que, avant la Saint-Jean, elle serait faite . prisonnière et tomberait dans les mains de ses ennemis. A cette révélation, la Pucelle fut saisie de stupeur. « Il faut qu'il en soit ainsi, ajoutèrent sainte Catherine et sainte Marg-uerite; prends tout eng^ré. Dieu te viendra en aide. »
La jeune vierge, s'abandonnanl alors à la volonté de Dieu, répondit à ses protectrices :
— Obtenez-moi de Dieu qu'il m'épargne les ennuis d'une longue captivité; qu'il me fasse plut<M mourir de suite et qu'il me reçoive en son paradis.
Sainte Catherine et sainte Marguerite ne firent pas de réponse à cette demande.
Jeanne aurait bien voulu savoir le jour et l'heure où elle serait prise : plusieurs fois, elle pria ses Saintes de le lui dire. Sur ce point encore, elles se refusèrent à satisfaire sa curiosité'.
Malgré sa piété profonde et son désir de faire en tout la volonté divine, la jeune fille se sentit envahie par le découragement. Dans la campagne de l'Ile-de-France, ses Voir ne lui indiquant pas de plan à suivre, Jeanne s'était tenue sur la réserve. Depuis qu'elle sut par la révélation de Melun qu'elle serait prise, elle le fit encore davantage, « et elle s'en rapporta, dans la plupart des cas, aux capitaines du fait de la guerre : toutefois, elle ne leur dit pas (pi'il lui avait été révélé qu'elle serait prise ' ».
1. Il ne le redevint qu'en août suivant. (De Beaucourt, Histoire de Charles VU, t. II, p. Sg.)