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CHAP. XXVII. LA SORTIE DE GOMPlÈGNE. 439
A partir de ce moment, sainte Catherine et sainte Marguerite ne cessèrent d'annoncer à la Pucelle la captivité qui lui était réservée.
Parmi les places de l'Ile-de-France, la Pucelle choisit Lag-ny-sur-Marne, « pour ce que ceux du dedans y faisaient bonne guerre aux Ang'Iais de Paris et d'ailleui's' ».
Le sire Ambroisede Loré eu avait été nommé capitaine par Charles VII. Lorsque Jeanne y arriva, il était absent, le duc d'Alençon l'ayant mandé pour mettre le château de Saint-Célerin en état de défense '. Son lieutenant, Jean Foucault, fit bon accueil à la jeune g-uerrière, décidé à la seconder de son mieux dès qu'il en aurait l'occasion.
Deux faits entre autres signalèrent la [)résence de Jeanne dans cette place : un fait considéré comme miraculeux, et un fait de guerre.
Il était né dans Lag^ny un enfant qui, pendant trois jours, ne donna pas signe de vie. C'était au mois de mai. On porta l'enfant à l'église, devant l'image de la Vierg^e, et les jeunes filles de la ville se mirent à prier pour lui. On avise Jeanne de celte démarche des jeunes filles et on lui demande de vouloir bien, elle aussi, venir prier Dieu et Notre-Dame pour ce petit enfant. Jeanne y consent de bon g^ré. Elle s'ag^enouille devant l'image de Notre-Dame et se met en piières. Or, voilà qu'après quehjues instants, l'enfant donne signe de vie, il bâille par trois fois et les couleurs lui reviennent, car auparavant il était tout noir. On s'empresse de le baptiser, il meurt et est inhumé en terre sainte-''.