‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 325 sur 381 · Journal d'un Bourgajis de Paris, p. 20/1, note i · texte numérisé non relu

Journal d'un Bourgajis de Paris, p. 20/1, note i

ClIAP. XXVII. LA SORTIK d'e COMPIÈGNE. 44^

s'engag^ea à remettre les clefs an duc de Bourg-ogne le I®'' août suivant, si le roi Charles ou ses lieutenants n'étaient pas venus à son secours.

Philippe le Bon profita du répit (pie ce traité lui procurait pour se porter au secours du château de Montagu, ({ue le damoiseau de Commercj assiégeait. A celle nouvelle, le damoiseau abandonna son artillerie et se retira en toute hâte. Philippe se rendit alors (i^"" mai) à Noyon, où il passa huit jours. De Noyou, avec le comte de SulFolk, le comte d'Arondel et Jean de Luxembourg, il vint mettre le siège devant Ghoisy-sur-Aisne, oii commandait Louis de Flavy, frère du capitaine de Compiègne'. Jeanne avait rayonné de Lag-ny-snr-Melun, Senlis, Cres[)y-en-\^d(/is; on l'avait vue au château de Borenglise, non loin de Conipièg-ne, lequel château dépendait de la paroisse d'Elincourt, qui avait pour patronne sainte Marguerite, une de ses célestes protectrices. Lors- (ju'elle apprit le siège de Choisy-sur-Aisne, elle [)arlit pour Compiègne, où elle arriva dans la soirée du i3 mai" et où l'archevêque de Reims, Regnault de Chartres, et le cointe de Clermont se rendirent de leur coté.

La Pucelle, cette fois, « alla loger rue de lEtoile, dans une maison qui a conservé longtemps le nom de Maison de la Pucelle d'Orléans. Le lendemain, les Attournés (magislrats municipaux) se rendirent auprès d'elle, et, apiès lui avoir adressé leurs féli<'ilations, ils lui olTrirenl quatre pots de vin^. »

1. MoNSTRELET, Chroiu([ue, liv. tl, cliap. lxxxii; t. IV, p. 378. — A. SoKEL, La prise de Jeanne d'Ai'c..., p. i5o.

2. Procès, t. \y , p. 82; t. V, p. iG"). — A. Sorel, op. cit., p. il\[\.

3. Comptes de la ville de Compiègne..., CC i3, folio 291. — A. SouEi,, !ji prise de Jeanne d'Arc..., pp. i44-j4'^- — Dom Gillesson, .-intiquilès de Comjjiègne, t. \', p. 96, au lieu de quatre

Si les liabilants de Gompiègne lémoignaienl hautement leur affection à la jeune Lorraine, elle le leur rendait bien. Elle n'içtiorail j)as à ({uel point ils élaient dévoués à Cliai'les VII. Ku aoùl de 1 aniuîe précédente, — nous en avons déjà dil un mol, — La Trémoille, (jui s'était l'ait donner le tilre de capitaine de la \ille, aurait voulu, d'accord avec Regnaull de Chartres, qu'on la cédât au duc de Bourgogne : en tpioi ils ne se montraient guère loyaux Français. Les habilanls op[)osèrent une résistance insurmontable. « Très humbles sujets du Roi, ils désiraient, dirent-ils au grand chancelier qui essayait de les j)ei'.suader, le servir de corps et de biens. Plutôt que d'être livrés au duc de Bourg-og^ne et exposés à sa merci, ils étaient décidés à périr eux et leurs enfants'. »

Devant cette réponse et celte résolution, Regnault de Chartres n'insista pas. La Trémoille se contenta de son titre de capitaine de Compiègne, Guillaume de Flavy en demeura capitaine de fait, et, au lieu de Compiègne, Pont-Sainte-Maxence fut remis au duc de Bourg-ogne^.

En se rendant à Compiègne, la Pucelle se proposait d'aviser aux moyens de secourir Choisy-sur-Aisne^ et d'empêcher le duc Philippe de s'en emparer. On pouvait

pois, parle de «. trois pintes de vin, présent qui estoit lyrand et de j)rix en ce temps, et qui fait voir l'estime (pie l'on faisoit do la valeur de cette vierja^e ».

La Société tiistorique de Conipii'-i'ne a inauguré récemment, en l'honneur de Jeanne d'Arc, deux platjues commémoratives : l'une, rue de l'Etoile, no 20 ; l'autre, à l'emplacement de l'hôtel du Bœuf, où la Pucelle avait logé du 18 au 28 août 1429, après la soumission de la ville.

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