‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 329 sur 381 · I'ergeval de Cacny, op. cit., p · texte numérisé non relu

I'ergeval de Cacny, op. cit., p

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45o JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUEKRIÈKK.

Le lendemain, 23 mai, au soleil levant, elle avait exécuté son dessein et entrait par la foret dans la ville'.

Nous le disions tout à l'heure, les Saintes aimées de Jeanne ne lui laissaient pas ij^iiorer que des jours d'épreuve allaient coiumeiu-er pour elle. A (-ompiègne même, quel<iues jours auparavant, de sombres presseuliments l'avaient envahie. Elle se rendit à l'église Saint- Jacques, y communia et y fit ses dévotions. II y avait en ce moment beaucoup de monde dans la nef, des femmes, des enfants au nombre de plus de « six-ving^t » (cent vingt), et des gens du peuple, entre autres les deux témoins qui plus tard racontèrent le fait. A la vue de celte foule et sous le coup de l'émotion «pieile éprouvait, Jeanne se mit à |)leurer à chaudes larmes; puis, s'adossanl contre un pilier et regai'danl ces bonnes gens, elle leur dit :

« Mes bons amis, mes chers petits enfants, on m'a vetidue et trahie. Bient()t je serai livrée à la mort, l^iiez Dieu pour moi, car je ne pourrai plus sei'vir le Roi ni h; royaume de France. »

Alain Bouchard, l'auteur de ce récit, ajoute : « Ces paroles, je les ai ouïes à Compiègne l'an i488, au mois de juillet, de la bouche de deux vieux et anciens hommes de la ville de Compiègne, (pii disaient avoir été [)résents lorsque la Pucelle les prononça^. »

Toutefois, lorsqu'elle se chargea de la sortie dont elle

1. Pehcev.vl de Cagny, op. cit., pp. 33. — D'après la Chronique de Tournai, pp. 4i5-4i6, Jeanne aurait amené avec elle à CompièiJne un corps de deux cents volontaires italiens qui auraient pris pari à la sortie du 28 mai.

2. Alain Bolchard, Grandes Annales de Brelafjne, dans La Libératrice du R. P. Ayroles, pp. 289-290. — Miroir des femmes vertueuses; Rrocès, t. IV, p. 272.

CHAP. XXVII. LA SORTIE DE COMPlÈGNE. /j-^I

fui viclime, la jeune Lorraine ignorait ce qui devait en résulter. Ses Voix l'avaient laissée libre.

« Si j'avais su que je dusse être prise, disait-elle, je n'y serais point allée; à moins que mes Voi.r ne me l'eussent expressément commandé; et alors j'y serais allée, quoi qu'il dût advenir'. »

Sans doute, elle pensait à la catastrophe prochaine, lorsque s'eniretenant avec frère Pasquerel, son aumônier, elle lui disait :

« Je voudrais Lien que, lorsque j'auiai quitté ce monde, notre seigneur le Roi fonde des chapelles où il sera fait des prières pour le salut de tous ceux qui seront trépjissés pour la défense du royaume^. »

LA PUCELLE DANS COMPlEGNE. SORTIE QU ELLE EXECUTE.

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