MoNSTRELET, loc. ciL; — Lefèvre de Saint-Remv, p
<i Sa prise fut un triom|)he pour les Anglais : ils crurent, en la prenant, avoir enchaîné la bonne fortune du t\oy Charles. On chanta le 7't' IJeuin à Paris, en actions de grâces. » (L)>).m Cvlmet, Histoire de Lorraine, t. II, col. 700.)
William Worcester, protégé de Falstolf, qui l'avait fait élever à l'Université d'Oxford, annonce en ces termes la prise de Jeanne : <( Fn cette année, le xxmejourde mai, une femme, appelée Pucelle de Dieu, fut prise par les Anglais devant la ville de Compiègne. » {Procès, t. IV, p. 475.)
458 JEANNE ET S.V « MISSION DE VIE )) . PHASE (iUEKRI EUE.
soir, un peu plus d'un an après la levée du siège d'Orléans.
Quelques instants après que Jeanne eut été prise, le duc de Bourgogne arrivait de Coudun avec des troupes fraîches sur le lieu du combat. On l'informa de la bonne fortune qui était survenue. Le duc se rendit au logis où la jeune Lorraine était gardée, et il eut avec elle un en! relien demeuré secret '. Le chroniqueur Enguerran de Monstrelet assista à cet entretien ; mais il déclare n'en avoir gardé aucun souvenir, a Et parla le dit duc à elle aucunes paroles dont je ne suis mie bien recors, jà sois que (quoique) j'y élois présent. » Peut-être la vaillante Française reprocha-t-elle à ce [)rince français, en termes indignés, son alliance avec les ennemis de la patrie. Peut-être est-ce le souvenir du langage que lui tint Jeanne qui décida Philippe le Bon, en i/i35, à se réconcilier avec Charles VII et à lui dire enfin : « Sire, vos ennemis seront mes ennemis ! »
Pour le moment, Philippe le Bon, tout à la joie de ce succès inespéré, envoya de nombreux courriers aux villes dévouées à la cause anglaise. Nous vous mandons « C(4le chose, écrivait-il le soir même de ce vingt-tioisième jour de mai aux habitants de Saint-Quentin, espérant que vous en aurez joie, confort et consolation, et en rendrez grâces et louanges à notre Créateur, qui tout voit et connaît' ».
1, Pie II, en ses Mémoires (Procès, t. IV, p. 517), et l'évèque d'Arras, Jean JouHroy, prélat dévoué au due de Bourj^-oyue, dans un discours latin à sa louange, nient que cet entretien ait eu lieu. J. (Juicherat ne récuse pas absolument ces témoignages {Renie historique, t. XIX, 1882, p]). 65-66) et cherche à les expliquer.