Procès, t. V, pp. itj8-iC(j
Cn.VP. XXVII. LA SOHTIE DE COMPIEGNE. 4^5
point. « Depuis, dit-elle, affirmèrent plusieurs que par l'envie des capitaines de France, avec la faveur que aulcuns du conseil du roi avoient à Philippe, duc de Bourgog'ne, et à messire Jehan de Luxembourg-, on trouva couleur de faire morir laditte Pucelle par feu en la ville de Rouen '. »
D'après l'historien ant^i-lais Hume, « l'opinion reçue était que les capitaines français, jaloux que l'honneur de toutes les victoires fût allrihué à Jeanne d'Arc, et (|ut> leur çloire s'éclipsât par la sienne, la sacrifièrent en rexj)Osant exprès à cetle fatale sortie^ ».
Un des trois chroniqueurs normands cités par J. Ouicherat dit la même chose, ainsi que Alain Bouchard et Jean Bouchet-^ « Advint un jour que ladicte Pucelle lit une sortie vaillamment. Mais Anglais chargèrent si fort sur elle et sa compag-nie, (ju'elle fut prise. Et ce firent faire [)ar envie les capitaines de France pour ce (|ue, si aucuns faits d'armes se faisaient, la i"enommée esloil telle }) ir tout le monde que la Pucelle les avoit faits'. »
Au demeurant, ces témoignag-es antifrançais de satisfaction furent couverts et comme étouffés par la douleur et les regrets que la prise de la Pucelle causa dans tout le royaume. Cetle douleui- et ces regrets étaient l'expression d'un senlimenl de i^i-.ititude bien juste, bien légitime envers la jeune fille qui avait mis un terme aux conquêtes et aux insolences des étrangers : sentiment tout