EN FRANCE, JAMAIS ANGLAIS NE REGNERA
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Il y a longtemps, on en peut juger, que les Français partagent le sentiment du religieux disant au capitaine de Reims que « oncques Anglais n'avait été roi de France et oncques ne le serait ».
Une anecdote rapportée par Monstrelet, dans les cha[)itres qu'il a consacrés à Henri V, le vainqueur d'Azincourt, montre hicn pourquoi il y avait et il y a incompatibilité irréductible entre le caractère anslals et le caractère français.
Le seigneur de l'Isle-Adam, maréchal de France, avait audience du monarque ang-lais (1420), et en lui parlant il le regardait hardiment en face.
Henri V lui demanda :
— Comment osez-vous ainsi reg'arder un prince au visaig'e, quant vous parlez à lui?
Et le seig'neur de l'IsIe-Adam respondit :
— Sire, la coustume des F'rançoisest telle, que si un homme parle à un autre, de quelque estât ou auctorité qu'il soit, la veue baissée, on dit (ju'il est mauvois et qu'il n'est point preudhomme, puisqu'il n'ose regarder cellui à qui il parle en la chère (au visage, en face).
(Monstrelet, Chronujiie, liv. I, chap. ccxxxi ; t. IV, pp. <)-io. Edit. L. D. d'Arcq.)
5o4 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIÈUE.