L\ UETUESSE DU HOI ET LA MISEKE DES PEUPLES
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Dans son livre : Compte des dépenses faites par Charles Vil pour secourir Orléans, Jules Loiseleur s'applique à montrer que les ressources financières furent loin de faire défaut à Charles VII : elles lui venaient de henucoup de côtés, aides, tailles, î!;-al)elles, sans compter les subsides votés annuellement j);ir les États. Malheureusement, les sommes amassées étaient dilapidées et devenaient la proie des favoris. De quelque façon que les choses se fissent, ce qui demeure établi, c'est que le Roi et sa maison éprouvèrent, en plusieurs circonstances, une détresse véritable : les détails rapportés par les historiens ne permettent pas de le révoquer en doute.
De son côté, le peuple ne souffrait pas moins, comme on en peut jujï-er par ce que nous avons dit et par cette pièce curieuse du temps : « La complainte du povre commun et des povres laboureurs de France. » ,
La première édition çothique de Monstrelet et J.-C.-A. Buchon la placent au chapitre cclxv. M. L. Douët d'Arcq pense que cette complainte ne faisait pas partie du texte de Monstrelet, et la renvoie aux additions (t. VI, pp. 176-190).
(^ette complainte (Monstrelet, liv. I, chap. gulxxiv, pp. Sao- 5i>8 ; Paris, m dccc xxxvi, édit. J.-A.-G. Buchon) comprend 437 vers en couplets iné^n'anx : un de huit vers, onze de sept et les dix-se[)t suivants commençant par Hélas!
5o2 JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE». PHASE GUERRIERE.
Ladite complainte commence ainsi :
Hélas! hélas! hélas! hélas!
Prélats, princes et bons seie,neurs, Boursi'eois, marchands et advocats, Gens de niesliers ti^rans et mineurs, Gens d'armes, et les trois estais Oui vivez sur nous laboureurs.
Comportez-nous d'aucun bon ayde :
Vivre nous faut, c'est le remède. v
Vivre ne povons plus ensemble Longuement, se Dieu n'y pourvoye :
Mal fait qui l'autruy toit ou emble Par barat ou par faulse voye.
Perdu avons soûlas et joye.
L'on nous a pres(pie mis à fin, Car plus n'avons ne blé ne vin.
Vin ne froment ne autre blé, Pas seullement du pain d'avoyne, N'avons nostre saoul la moitié, Une seulle fois par semaine :
Les jours nous passons à ja^rand |)eiiie. Lt ne savons que devenir.
Chacun s'en veult de nous fuvr.
A la Hn viennent les dix-sept versets commenrant par Ilf'hui!
Hélas! prélats et içens d'Lglise..., Hélas! ducs et marquis et comtes...
Hélas! advocats emparlés... Hélas! marchands...
Hélas! très puissant roy français...
Hélas! cens d'armes et de trait !
Hélas! bourgeois (]ui de nos rentes...
Hélas! vous autres de métiers, etc..
Le dernier couplet est ainsi conçu :
O très sainte mère l'Eglise, Et vous, très noble roy de France, Conseilliers qui, à votre guise, Mettez tout le pays en ballance.
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 5o3
Advocats de belle loquence.
Bourgeois, inarchanils, gens de métiers, Vous plaise penser aucun poy (peu) En ceste complainte amère.
Nos requestes vous conclurez, l']t Dieu de tout ordonnera, A la Hn ou (juaud il lui ]ilaira.
Mais Dieu vous y doint si bien faire Qu'acquérir vous puissiez sa gloire.
Et qu'en ce ayez tels regards (Jue plus ne vous crions : Hélas!
x\ucun par sa grâce!