GILLES DE LAVAL, SEIGNEUB DE RAIS
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Le seig-neur de Rais, que Charles VIIàReims nomma maréchal de France et que, jusqu'à l'échec de Paris, nous trouvons
532 JEANNE ET SA « iMISSION DE VIE ». PHASE GUEUUIÈHE.
presque partout à côté de la Pucelle, acquit après i43G utie triste célébrité.
Il était alors un des [)lus riches seigneurs du royaume. 11 entretenait une g-arde de deux cents hommes à cheval, se faisait suivre par une cinquantaine de chapelains, enfants de chœur, musiciens, de moralité équivoque. Ce train-là le ruinant, il s'adonna à l'alchimie et à la magie, et pour en accomplir les rites abominables, il attira dans ses châteaux des enfants, des adolescents, des jeunes filles, qui, une fois entrés, ne reparaissaient plus. Dénoncé à la justice, il fut arrêté en ll^^o, enfermé au château de Nantes, et mis à la question. Il avoua ses horribles forfaits.
Pendant huit ans, d'innombrables victimes, âgées de dix à dix-huit ans, servirent de pâture à sa lubricité et à sa cruauté. Ordinairement, il brûlait leurs cadavres et en jetait les cendres au vent. Néanmoins, on découvrit quarante-six de ces cadavres dans son château de (Ihantocé, et quatre-vingts dans celui de Machecoul. Après des débats (|ui durèrent un mois, ce misérable fut contlajnné à mort. Il fut étranglé par la main du bourreau le 25 octobre i44o. Pourtant on ne brûla pas son cadavre; sa famille put le faire inhumer en terre sainte.