P. Anselme, Histoire généalogique de lu Muisou de France
t. viii, pp. 366-367, 370-371.
La fin de la carrière de Raoul de Gaucourt fui aussi bien remplie et aussi honorable que l'avaient été les commencements. Ce seis:neur s'acquitta avec succès de plusieurs missions auprès du pape, du roi de Suède, de l'empereur d'Allemae^ne, du roi d'Angleterre (1438, i444) i4^8). Il assista au siè^e de Montereau et prit part à la campagne qui assur;i. la conquête de la Normandie. Baiili de l^oucn et de Gisors en 1449, il fut nommé s^rand maître d'hôtel du roi eu i453.
CHAP. XV. ORLÉANS. SES DEFENSEURS. by
Jean, bâtard d'Orléans, était né en ïI\02 de Louis, duc d'Orléans, frère de Charles VII, et de Mariette d'En^liien, plus connue sous le nom de dame de Cani. On connaît le mot de Valentine de îMilan à son sujet. Frappée des qualités qui se révélaient en cet enfant dès ses tendres années : « II devrait être à moi, disait la noble femme; on me l'a volé! » Aucun de ses propres enfants ne lui paraissait aussi capable que Jean le bâtard' de venger l'assassinat de son époux.
Un chronicpieur du quinzième siècle, Mathieu d'Escouchy, écrivait que « pour ce temps (c'est-à-dire en 1449, lors de la conquête de la Normandie), le comte de Dunois était fort renommé d'être sage, prudent et de bonne conduite, et aussi fort ami de tous les gens de guerre '».
Ce qui était vrai en i449 l'était déjà en 1428. Quoique âgé de vingt-six ans seulement, le fds de Mariette d'Enghien avait, en plusieurs circonstances, donné des preuves d'une vaillance et d'une sagesse faites pour lui attirer l'estime de ses compagnons d'armes et la confiance des populations. A l'éloge emprunté à Mathieu d'Escouchy, ajoutons celte remarque de Jean Charlier, qui nous signale en Dunois « un des beaux parleurs qui soit en la langue de France ^ ».
Il témoigna au procès de réhabilitation de Jeanne et mourut, en juin 14O1, âgé de plus de quatre-vingts ans. Il eut quatre enfants, dont le second, nommé Jean, fut évèque et duc de Laon. (Voir l'ouvrage sur Raoul de Gaucourt, signalé à la Bibliographie, t. I, p. lxii.)
1. Il ne fut créé comte de Dunois que le 29 juillet il\'iQ. Jusque-là, il n'eut d'autre nom que celui de bâtard (VOrléans.
2. Chronique de Matiiieu d'Escouchy, t. I, p. 186. Edition publiée par M. G. Du P'resne de Beaucourt, pour la Société de V Histoire de France, 3 vol. in-8", Paris, m dccclxiii-iv.
3. « Adonc ledit Monseigneur de Dunois leur commença à dire et
A l'âge de quinze ans, le bâtard d'Orléans guerroyait contre les Bourguignons îî Saint-Gerinain-en-Laye. Le sort ne lui fut pas favorable, car on le fit {)risonnier, et il fallut que son frère, Charles d'Orléans, de Londres même négociât sa ranron. En i/j^i, il prit j)art à la bataille de Baugé, dans la(|uelle les troupes royales demeurèrent victorieuses. Après la mort de Jean d'Harcourt, comte d'Aumale, à Verneuil (i4'i5), Charles VII nommait Jean d'Orléans capitaine du*Mont-S;iinl-IMiclicl. Le jeune capitaine se contenta d'y envoyer un lieutenant. Il fui de la sorte libre de ses mouvements quand il fallut secourir Montargis. On a vu en son lieu avec ()uel entrain, secondé par La Hiie, il culbuta les Anglais qui assiégeaient cette place et les força à battre en retraite. En le nommant son lieutenant dans le duché d'Oiléans pour le fait de la guerre vers juillet 1428, Charles VII ne pouvait remettre les intérêts de la cause fianraise en de meilleures et de plus loyales mains. Le 20 octobre, Dunois pénétrait dans la ville assiégée. Le chevalier de (iaucourt s'étanl blessé par accident, Dunois prit seul la direction de la défense juscpi'à ce (pie le siège fût levé.
On sait quels furent l'attachement et le respect de Dunois pour Jeanne d'Arc. Les services qu'il rendit après la mort de la Pucelle à la France et au Roi lui valurent le titre de comte de Longueville et le beau nom de Restaurateur de la jxiti'ie. A ces marques de distinction s'ajoutèrent les charges de lieutenant du Roi, de grand chambellan de France et les honneurs de prince
à exposer en beaux et liauts termes, comme ung des beaux parleurs qui soit en la lançue de France... » (Jean Chartieh, C/ironique de Ctiarles VII, t. II, p. io5, édit. V. de Viriville.)
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lég^ilime. Quoique l'itiiposiint manoir de CJiâleaudun lui appartînt en (jualilé de conUe de Dunois, il passa les dernières années de sa vie à Beaug^encj. Il mourut dans un de ses châteaux (i408), et fut inhumé, selon sa volonté, dans une chapelle de l'ég^lise Notre-Dame de Clérj. Dans son oratoire, il avait fait graver ces mots : « Mon Dieu, créez en moi un coeur pur! » Prière dig"ne du guerrier qui avait été l'admirateur et le fidèle compag-non d'armes de Jeanne la sainte!
Les hour^-eois d'Orléans et les mag-islrats à qui était confiée l'administration municipale de la cité suivirent docilement les instructions que leur donnèrent les deux vaillants hommes de guerre placés à leur tête. Ces magistrats étaient au nondjre de douze et portaient le nom de procureurs ; ils ne prirent celui d'échevins qu'à la fin du quinzième siècle'. Leur élection avait lieu par l'entremise de sept notables bourgeois que leurs concitoyens choisissaient dans une assemblée présidée par le bailli de la ville ou par son lieutenant.
Ce qui fait le [)lus grand honneur à la prévoyance des procureurs d'Orléans en ces années-là, c'est la précaution prise par eux de ranger les dépenses municipales en deux catégories distinctes. Ces dépenses, depuis i4oo jusqu'en 1690, sont classées dans les regislies d'Orléans sous ces deux titres : Comptes de commune et Comptes de forteresse.
Les Comptes de commune comprenaient les dépenses se rapportant aux choses d'ordre généi-al, aux fêtes civiles et religieuses, à l'entretien des édifices et monuments, etc. Dans les Comptes de forteresse éiaieni rela-