Journal du siège, p. ly
chevaux j)oiir la conduire avec son alTùt du port à l'iiôlel de ville. Au nombre des pièces qui défendaient la ville s'en trouvait une qui lançait ses boulets à une portée double de la portée ordinaire, jusqu'à une distance de 700 toises au lieu de /(oo ' : ils arrivaient jusqu'à l'île Gliai"leniagne, après le pont, en aval du fleuve.
L'artillerie de défense avait pour complément les coulevi'ines, pièces lég'ères qui se transportaient facilement sur divers points, dont une, celle de maître Jean le Lorrain, devint aussi célèbre qu'elle était redoutable aux Ang-lais. Douze canonniers Orléanais et les servants nécessaires furent arrêtés par les procureurs pour mettre en œuvre ces canons, couleviines et bombardes; car le service de chaque pièce exigeait plusieurs hommes. Mais c'est le roi Charles lui-même qui, dès le mois d'octobre, avait envoyé aux Orléanais maître Jean (de son nom Jehan Courroyei') « que l'on disoit estre le meilleur maistre qui fust lors d'icelluy mestier^ ».
Ce canonnier était, croit-on, de Montéclère, des Marches de Lorraine. Il était venu à Angers où il se fit remarquer par son habileté. Le Roi, en ayant ouï parler, le manda à Chinon et l'envoya au siège d'Orléans. Maî-
1. JoLLOis, Histoire du siège d'Orléans, pp. i2-i3, 1G-17. Tous ces canons étaient de cuivre et les boulets de pierre; on en voit plusieurs au musée de Jeanne d'Arc, à Orléans.