‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 42 sur 381 · Abbé DcBÔis, o/>. cit., j · texte numérisé non relu

Abbé DcBÔis, o/>. cit., j

i'ieux canne de Poitiers, Jean Hilarel, vint- leur porter, au nom de ses compatriotes, 900 livres tournois pour les aider à soutenir le siège '.

Le 9 novembre, La Hire, muni de lettres du Roi, se présentait au conseil municipal de Tours pour solliciter une avance de 600 livres. Elle lui fut accordée'.

Eu avril 1429, Oiléans recevait de Blois quantité de salpêtre et de poudre, « et quatorze milliers de traits d'arbalète^ ».

Toutes ces villes se mirent en communication les unes avec les autres pour aviser aux moyens d'envoyer des secours. Le Chapitre de Saint-Etienne, deBourjoes, ne se contenta pas de secours matériels. Au début du siège, il fit des processions durant une semaine, afin d'obtenir du Ciel la confusion et la défaite des assiég'eants'^.

De leur côté, les précautions de défense que prirent les Orléanais, au premier signal du danger qui les menaçait, ne leur firent pas négliger le secours que pouvaient leur procurer leurs célestes protecteurs, les saints évêques Euverle et Aignan. Le 6 août 1428, la châsse de saint Euverte était portée processionnellement par le

1. LÉON DuMUYS, Documents relatifs au siège d'Orléans. In-80 de 0 pages, Orléans, 1887.

2. Procès, \. IV, p. iô3, note 3. — I^es Orléanais n'avaient pas attendu la résolution du Grand Conseil anglais pour solliciter les secours des bonnes villes du royaume. Le i3 avril 1429, les Notables de Toulouse, saisis de la question, délibérèrent ; mais ils eurent le regret de constater le défaut de ressources, la ville n'avait pas de quoi; ce qu'ils exprimèrent en ce latin peu classique : « ... Non habet de quibus. » [Annales du Midi, i88g, p. 232.)

3. E. Develle, Jeanne d'Arc à Blois, pp. 9, 10. Brochure in-8", Blois, 1894.

/|. li.xnoN DE GiRARDOT, Histoice du Chapitre de Saint-Etienne de Bourges, "p. 01. Orléans, i8.53.

clergé de la ville autour des remparls. I.e 8 septembre, on faisait l)rùler en riionneiir de saint Aij^nan un tortis de cent dix livres (rouelle de cire sur laijuelle on fixait des cierges et deux étendards aux jirmes de la ville). Le 6 octobre, nouvelle procession'. Satisfaction donnée à leur piété et toutes les mesures de prudence prises, les Orléanais, sous les ordres de leurs chefs, attendirent les événements.

CHARLES VII ET LES BOURfJEOIS D ORLEANS.

Les bourg^eois d'Orléans ne comptaient pas en vain sur la sollicitude de Clliarles \'ll et sur son em()ressenient à leur envoyer en liouimes, vivres et munitions tous les secours dont il pourrait disposer. Aussi bien, le jeune Roi n'avait pas al tendu l'oiiveiMuie du sièi^e pour se ménager les ressources propres à conjurer le péril. Dès le 22 juillet 1428, il avait adressé de Bourg^es à ses bonnes villes des lettres de convocation pour les Etats généraux. La réunion {)lénière eut lieu à (lliiuon, à la lin d'octobre. La leine de Sicile s'y élait rendue exactement, ainsi que les jjrinces du sang, le duc d' Alençon et le comte de Clermont. Charles VU y arriva vers le 22 septembre. Il n'y avait plus à se faire illusion sur les projets du duc de Bedford. Depuis deux mois, Salisbury avait commencé la campagne et obtenu les résultats les plus alarmants. Maîtres des bords de la Loire, les Anglais menaçaient le royaume tout entier. En face d'une

I. I". MvNTRLLiEH, Histoire du siège d'Orléans, pp. lO, 17. — Abbé Dubois, op. cil., pp. 298-299,

perspective pareille, les Etats accordèrent à Charles une aide de cinq cent mille francs, « afin, disaient-ils, de lui permettre de résister aux Anglais qui occupaient les rives de la Loire, et de pourvoir aux autres affaires de l'État ».

Avant de se retirer, les députés pressèrent le monarque de faire appel, vu la gravité des circonstances, aux princes et rois ses alliés, aux comtes de Clermont, d'Armagnac, de Pardiac, de Foix et autres, afin qu'ils vinssent à son secours avec tout-es leurs forces'.

Charles VII ne négligea aucun des soins indiqués par la situation. Dès les premiers jours du siège, capitaines et troupes levées aux frais du Roi vinrent au secours des Orléanais. « Le lundi, vingt-cinquième jour d'octobre, dit le Journal du sièfjc', arrivèrent dedans Orléans pour les conforter, secourir et ayder, plusieurs nobles seigneurs, chevaliers, capitaines et escuyers fort renommez en guerre, desquels estoient les principaux Jehan, bâtard d'Orléans, le seigneur de Saincte-Sévère-'', mareschal de France, messire Jacques de Cliabannes^, et un vaillant Gascon appelé Estienne de Vignoles dit La Hire, qui estoit de moult grand renom, et vaillants gens de guerre... accompagnés de huit cents combattants », cavaliers, archers, gens de pied, venus du Poitou, de Gascogne, de Biscaye, Espagne et Italie. »

1. DoM Vaissete, Histoire de Languedoc, t. IV, pp. 472-473. — De Beaucouut, Histoire de Charles VIF, t. Il, pp. 168-173.

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