CHAP. XIII. LE ROI ET I.E ROYAUME
du sano", soutiens naturels du roi, étaient captifs ou absents, et le plus puissant, le duc de Bourgogne, faisait cause commune avec les Anglais.
Jean Louvet, dit le Président de Provence' (né en 1870), avait été longtemps au service de Louis II, duc d'Anjou, roi de Naples et fie Sicile, et époux de Yolande d'Aragon. En i4i5, il était président de la Chambre des Comptes à Aix. Nommé commissaire général des iinances du royaume au commencement de l'année J^i'], à partir de ce moment il fut l'un des principaux conseillers du Dauphin sur lequel il exerça la plus funeste influence. Il était en sa compagnie à Montereau, le jour où Jean sans Peur fut assassiné^.
Le crédit du Président de Provence devint si considérable que le Bâtard d'Orléans, alors chambellan du roi, tint à honneur de l'avoir pour beau-père. Il épousa sa fille, demoiselle Marie Louvet, en l'année 1422, à Bourges, peu de jours après la célébration solennelle du ma-^ riage de Charles VII avec la fille d'Yolande d'x\ragon, Marie d'Anjou.
Deux ans plus tard, le Président de Provence avait si bien usé ou abusé de son crédit qu'il était devenu plus maître que le Roi. Toute l'administration des finances était entre ses mains. C'eût été supportable si on n'avait eu à lui reprocher que des procédés despotiques ou arbitraires, ou s'il n'eût usé de ces procédés que pour la prospérité des finances et le bien du royaume ; mais il en était venu à trafiquer de tout, altérant môme le poids des monnaies.
1 . Peul-être clait-il né en ce pays. Voir l'article de Vallet de Viriville sur ce personnage dans la Nouvelle biographie générale de Didot.