GAUCHE
Le libraire et imprimeur juré de la ville d'Orléans, à f|iii nous devons la publicalion du Journal du siège, Saturny ou Saturnin Hollol, dans la très belle et très cloquenle lettre dont il faisait précéder le Discours au Vrai/..., disait avec raison à « Messeigneurs le maire et csclievins, que leur cité avoil esté comme le théâtre d'honneur, de toute la France, auquel avoil esté joué
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comme le tleriiier acte de la tragédie ançloise chez les François par les faits miraculeux de celle non assez onc louée Jeanne d'Arc, dite, comme l'estant, la Pucelle, et surnommée d'Orléans ' ».
C'est, en effet, une g-lorieuse pag-e de l'histoire du quinzième siècle que ce siège de six mois soutenu par les Orléanais contre les vainqueurs d'Azincourt et de Verneuil, pag-e g'iorieuse pour les assiégés qui eurent raison des assiég-eanls, page g'iorieuse pour les assiég-eanls malgré leur échec ; car si la constance, le courag^e, le dévouement des premiers ne faiblirent pas, les seconds dé[)loyèrent dans la poursuite de leur dessein une valeur, une habileté, une persévérance auquel leurs adversaires mêmes se sont plu à rendre hommag"e.
Le Journal rédig"é pendant le sièg^e, journal g-ràce au quel nous suivons jour par jour les incidents, les péripéties de ce long duel, nous montre les seigneurs français et les hommes d'armes, les milices et les bourgeois d'Orléans payant tous largement de leur personne. Dès qu'un point est menacé, dès que l'ennemi se porte contre une porte de la ville ou contre un boulevard, le belFroi retentit, donne l'alarme, et, de nuit comme de jour, gens de guerre et miliciens accourent en toute hâte à l'endroit signalé. Le Journal notera que pour la défense « furent trouvées d'innombrables nouveautés et subtilités de
I. Discours an vraij sièrje irOi-léans. Lettre dédicatoire de Saturny Hottot, libraire et imprimeur juré de la ville d'Orléans. I vol. iu-S", Orléans — Paris, édition de 1576.
II est regrettaijie que MM. Paul Charpentier et Charles Cuissard n'aient pas reproduit cette lettre de Saturny Hottot dans leur édition récente du Journal. Par sa valeur documentaire comme par sa saveur littéraire, elle a de quoi intéresser les lecteurs. Voir aux Pièces justijicalives.
yo JEANNE ET SA « .MISSION DR VIE ». PHASE GUERRIERE.
guerre plus fjue de lon<riemps auparavant il u'avail élé fai(. ' », Mais ce même Journal ne manquera [)as de dire avec quel courag'e, avec (juelle prévoyance et quelle sûreté de coup d'oeil les Anglais procédaient dans l'atla(pie et dans la défense ; il remarquera « (ju'ils se défendirent bien et hardiment^ ». Dans une affaire où l'avanla^-e resta aux Français, il reconnaîtra loyalement que, en fait de valeur individuelle, l'honneur de la journée revint, non à un l'rançais, mais à un Anglais nommé Robin Héron, lequel « acquit grant los, car il se montra vaillant homme d'armes-'' ».
Les opérations de l'armée an;çlaise devant Orléans présentent deux phases bien distinctes : l'occupation de la rive çauclie (|ui eut lieu le 12 octobre, et à lafpielle les Anglais se bornèrent jusqu'à la fin de décembre; et l'occupation de la rive droite qui, commencée le 3o décembre, se poursuivit, juscju'à l'intervention de la Pucelle, par la conslruclion de boulevards et de bastilles, en vue d'un investissement complet.
De quel effectif dis[)Osaient les assi<'i!;-eanls en l'une et l'aulre de ces phases, et quel nombie de combat lants les assiégés eurent-ils à leur opposer, c'est ce qu'on a essayé de déterminer; faute de documents suffisants, on n'a pu aboutir à des évaluations précises. D'après Monstrelet, lorsque Salisbury entra en campagne, il avait sous ses ordres dix mille hommes '. S'il faut s'en
1. Jiiiirniil du sirfjr, p. 17, éilit. P. ('.Iiarpculier et Ch. Cuissard.