Journal..., pp. 67-58; — Berhy, Procès, t. IV, p
qO JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUEHRIEUE.
ment de la ville assiégée, car ils commandaient le port dit de Saint-Loup, et ils restaient maîtres de [)ren(lre livraison des vivres et miinilions qu'on leur envoyait de Sully et de Jarg-eau.
ç)^ Entre les deux rives, dans l'île Charlemagne dont il portait le nom, vis-à-vis le port Saint-Laurent, s'élevait un boulevard qui commandait ce côté du cours de la Loire.
Du côté de la rive gauche, en remonlani de l'ouest à l'est, on rencontrait d'abord :
10° Le boulevard des Champs de Saint-Privé, sur la terre ferme; messire Lancelot ('lail chari];»' de le garder, ainsi que le boulevard de l'île Gharlemagne ' j
11° Les Tourelles et son boulevard;
12° La bastille des Augustins, dont il a été déjà «piestion ;
i.'^° Celle de Saint-Jean-le-Blanc, qui, avec la bastille de Saint-Loup, empêchait les Orléanais de se mettre en libre communication avec le Berry et les provinces du centre ^.
De ces l)aslilles, les plus fortes étaient celles de Saint- Laurent, de Londres 3, de Paris, de Saiut-Loup et des Tourelles.
Au 2o avril, date de l'achèvement du dernier boulevard, peiil-ou dire que rinvestissemeul de la \iih' assiégée fût complet? Evidemment non, car il restait entre la bastille
1. Al)bé DiBOis, Histoire du sièffp.... p. 254; — Journal..., p. 2/|.
2. Si les oljservations siiu;-nalées pins liaul île l'ahhé Dubois et de MAI. i*. Charpenlier et Cuissard sur l'identité de nos deux boulevards étaient fondées, ces treize bastilles ou ouvrages seraient réduits à douze.
3. Jean Chartiek qualifie à plusieurs reprises la bastille dite de Londres de grande bastille.
GH,VP. XVI. LE SrÈGE D OK[>É.\NS. ROUVRAY. 9I
de Paris et celle de Saint-Loup un espace considérable par Où les Orléanais pouvaient assez facilement recevoir des secours. « Et ponvoient bien, dit Jean Ghartier, tonjours entrer en ladite ville gens à cheval... Et y avoit ^rant espace de la bastille Sainl-Pouair à icelle de Saint- Loup, combien que chaque jour besong-nassent iceulx Anglais pour cuider empêcher icelle entrée '. »
On s'est demandé si les Anglais n'avaient pas installé à Fleurj ou plus haut, entre les deux points extrêmes Paris et Saint-Loup, à quatre kilomètres de la ville, une bastille ayant pour objet de barrer le passage aux convois d'hommes et de vivres. L'opinion qui l'affirme ne paraît pas suffisamment établie. Outre le défaut de textes et de documenls positifs, les troupes assiégeantes étaient trop peu nombreuses pour occuper et défendre tant d'ouvrages éloignés les uns des autres. Et puis, avaient-elles eu le temps nécessaire pour les exécuter? Rien ne le prouve.
Admît-on l'exislence d'un ouvrage important à Fleury, même en ce cas l'inveslissement n'eût pas, ce semble, été complet. De cet endroit à la bastille de Paris d'un côté, à celle de Saint-Loup de l'autre, la distance restait assez grande pour que des secours pussent passer.
Au point de vue de l'inveslissement, la sitiuilion des Orléanais n'était donc pas désespérée lorsque Jeanne d'Arc se présenta sous leurs murailles; mais à tout autre point de vue, elle offrait peu de chances de salut. Il était temps qu'une intervention efficace jetât le trouble dans le cœur des Anglais et les obligeât à rabattre de leur présomption et de leur orgueil.
I. Jean CnAuriEn, Chi-oniqiie de Chnr/es 17/, t. I, p. 63, édit. Vallct de Viriville.
g2 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIÈRE.