ÉNERGIE DE LA DÉFENSE
Lorsque Sufïolk, Talbol et lord Scales eurent amené des troupes assez nombreuses pour reprendre les opéralions, ils voulurent du premier coup déconcerter les Orléanais. Leurs canons — ils passaient pour les meilleurs du royaume ' — lancèrent dans la ville des boidels de pierre du poids de cent soixante livres. Ces projedilcs endoiuina^crcnt (( |>liisi('urs maisons et be.iux édifices » de la cité, mais ils ne tuèrent et ne blessèrent personne. L^n boule! , à l'heure du lepas, tomba sur une table à la(juelle étaient assis cinq convives, sans leur l'aire aucun mal. Sans doute, c'élait là un miracle « fait par Notre- Seig"neur à la requesle de Monsieur saint Ait;nan, patron d'Orléans* ».
Le lundi 17 janvier, un boulet énorme tonibail devant le boulevard de la porte Bannier, au milieu de plus de cent personnes, sans en blesser ni tuer aucune; il ota un soulier à l'une d'elles, mais il ne lui fit aucun maP.
Il n'en était pas ainsi des boulets que lançaient les canons de la ville. Lue coulevrine surtout faisait rag^e, celle de maître Jean le Lori'ain. Il l'avait installée sur un pilier du pont, près du bouIe\ard de la Belle-Croix;
1. La ilélimince iVOrlédiis, ou Chronique nnonijmp, puhiit'c par Boucher de Molandoo, p. 85. Bruchure in-S", Orléans, i883.
2. Journal du siège, p. iG. La rue qui fui le théâtre de ce fait singulier portait le nom de rue aux Petits-Souliers.