CHAP. XVI. LE SIKGR D ORLEANS. ROUVRAY
d'épouser un seigneur dévoué à leur cause : elle aima mieux laisser tout et s'en aller pauvre avec ses enfants.
Les g'ens d'église ne voulurent pas rester en arrière des femmes orléanaises et des pages. Plusieurs ne se contentèrent pas des armes spirituelles pour repousser les Anglais; ils les combattaient, casque en tête, avec la lance et l'épée. « Le premier jour de l'an, il y eut une grosse escarmouche. L'abbé de Cerquenceaux, « que on disait être religieux et était moult vaillant pour les Fran çais, y fut blessé '. »
Quand il n'y avait pas de sortie ou d'action engagée, assiégés et assiégeants se provoquaient en combat singulier. « Le vendredi, dernier jour de l'an, deux Gascons de la compagnie de La Hire défient deux Anglais à deuxcoups de lance. » L'un des deux Gascons renverse son adversaire; les deux autres combattants ne purent se vaincre. « Et pour les regarder, avait près d'eux plusieurs seigneurs tant de France que d'Angleterre. »
« Tout ce jour (sans doute pour bien finir l'année) fit grandement son devoir maître Jehan atout sa couleuvrine^. »
De leur côté, à certaines heures, les chefs des deux armées se donnaient des aubades et faisaient échange de courtoisie. « Le jour de Noël (1428) furent octroyées trêves d'une part et d'autre, durant depuis neuf heures au matin jusqu'à trois heures après-midi. Et ce temps durant, Glacidas et autres seigneurs du pays d'Angle-
1. Journal du siège, pp. 21-22. L'abbaye de Cerquenceaux était près de Nemours, dans le diocèse de Sens. La Chronique de la Pucclle, p. 245, parle d'un abbé de Cerquenceaux qui prêta main-forte à La Hire, à la rescousse de Moutargis.