Journal dn siège, p
2. MoNSTRELET, ChroniqiiP, 2fi partie, chap. lvi, t. IV, pp. 3io- 3i/i; — Journal du siège, loc. cit. — Sir John Falstolf (Fastol, Faslot, Fascot, b'astre, suivant les chroniqueurs), un des meilleurs capitaines anglais, était chevalier banneret, grand maître d'hôtel de Bethtbrd et membre du conseil de régence de Paris.
En \[\:i/\, le régent l'avait nommé lieutenant général des pays au delà de la Seine. Après lAouvray, Falstolf s'établit dans la bastille de Londres. Nous le retrouverons à Patay.
Simon Morhier « gouvernait l'artillerie des Anglais ». (Jean Chartier, Chronique de Charles VII, t. I, p. 62. (Edit. Vallet de Viriville.)
Ce personnage était prévôt de Paris depuis le ler décembre il\^2, et il le fut tant que les Anglais restèrent maîtres de cette capitale. Il avait été auparavant maître d hôtel de la reine Isabeau. Après la prise de Paris, il fut nommé gouverneur de Dreux, puis trésorier de Normandie pour les Anglais. (Vallet de Viriville, article sur S. Morhier, dans les Mémoires de la Société des anliquuires de France, t. XXV. — A. Longnon, Paris sous la domination anglaise, p. i47» note.)
Thomas Rameston ou Hampston, capitaine d'Argentan, était chevalier banneret et chambellan de Bedford. (L. Jarry, Le compte de l'armée anglaise au siège d'Orléans, p. 207. Un volume in-80, OrléaDS, 1892.)
lOO JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE )) . PHASE GUERRIERE.
L'occasion élait bonne : les capitaines de Charles VII songèrent à la mettre à profil.
A Blois, Charles, comte de Clermont, avait, sur l'ordre de Charles VII, rassemblé un corps de trois à quatre mille hommes venus principalement de l'Auvergne et du Bourbonnais, provinces dépendantes de sa famille, pour se porter au secours des assiégés. A ces troupes s'adjoignaient des Ecossais commandés par Jean Stuart, seigneur de Darnley et connétable d'Ecosse. Dès que le comte de Clermont apprit la marche de Falstolf sur Orléans, il quitta Blois le 1 1 février avec sa petite armée et se porta au-devant des Anglais.
A Orléans, les capitaines français avaient pris aussi leurs dispositions. Le lo février, le Bâtard d'Orléans, suivi de deux cents combattants, venait s'entendre avec le comte de Clermont sur le jour et l'heure du combat à livrer. Le lendemain, ii février, quinze cents hommes d'armes environ partaient d'Orléans, ayant à leur tète le maréchal de Boussac, le sire d'Albret, le seigneur de Graville, Jacques de Chabannes, Poton de Xaintrailles et son frère, La Hire, Saulton de Mercadieu' et plusieurs autres chevaliers, et entraient en contact avec les troupes de Blois, non loin de Janville en Beauce et de Rouvray-Saint-Denis ^ .
Le lendemain, dans la matinée, on signalait l'approche des Anglais qui s'avançaient « à la file et sans avoir
1. Saulton de Mercadieu élait un vaillant Gascon qui, à Montargis, en 1427, frappé d'une lance dont le fer lui traversait la bouche et sortait d'un demi-pied derrière le cou, « se déferra lui-même » el continua de combattre. {Chronique de la Pucelle, p. 247.)
2. Yeuville. aujourd'hui Janville, et Rouvray-Saint-Denis sont du département d'iiure-et-Loir.
CHAP. XVI. LE SIEGE D OULEANS. ROUVRAY. lOI
nulle opinion d'être surpris' ». Se jeter sur eux, sans leur donner le temps de se reconnaître, culbuter les hommes de l'escorte et enlever le convoi était le parti indiqué par les circonstances. La Hire, Polon et les capitaines d'Orléans y étaient décidés. Mais le comte de Clermont leur manda par plusieurs messagers de ne tenter aucune attaque jusqu'à sa venue. Les capitaines « délaissèrent ainsi leur entreprise à leur très g-rant desplaisance, et surtout de La Hire qui démonstrait l'apparence de leur dommaige, en temps qu'on donnait espace aux Anglais de eux fortifier de paulx (pieux) et de chariots^ ».
Les Français avaient perdu le temps d'attaquer à propos : Falstolf ne perdit pas celui d'organiser la défense. Dès qu'il s'aperçut du dang-er, il donna l'ordre de ranger les quatre à cinq cents « chars ou charrettes » du convoi, de manière à former une enceinte et à servir de retranchements et de défense. Deux issues seulement furent ménagées et gardées par des archers en force. Tout le personnel du convoi resta renfermé dans ce parc improvisé, les hommes en état de combattre se tenant près du point que pouvait aborder l'ennemi, a les g-ens de petite défense, marchands, pages et les chevaux en arrière et hors de portée-^ ».
A cette précaution, Falstolf en joignit une autre qui avait bien des fois réussi aux Anglais. Ses archers « avaient foison grans pieux, aigus à un bout et ferrés à l'autre ». Ils les fichèrent en terre, en les « penchant
1. Journal du siège, pp. SS-Sg; — Chronique de la Pucelle, p. 266.