LE CONNÉTABLE DE RICHEMONT
Arthur de Richemont était le deuxième fils de Jean IV, dit le Vaillant, duc de Bretagne, et de sa troisième
1. CousiNOT, Geste des Nobles, clans la Chronique de la Pncelle, pp. 1 89-1 go, édit. Vallet de Viriville. — Le troisième personnage dont parle Cousinot n'est pas Frotier, mais bien Guillaume de Champeaux, évêque de Laon. Ce que Cousinot dit de cet évêque, nous pouvons, sans blesser la vérité historique, l'appliquer à Frotier. (V. DE Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, chap. 11, pp. 54- 116.)
2. Le frère du duc de Bretagne portait le nom de Richemont depuis son enfance. Les Anglais eux-mêmes le lui donnaient, quoiqu'il n'ait eu jamais la jouissance de ce fief. Le comté de Richemont ou Richmond, dans le Yorkshire, était un vaste et riche domaine qui comprenait un grand nombre de manoirs. Il devint l'héritage des ducs de Bretagne qui ne cessèrent d'en porter le titre, même quand, par confiscation ou par don royal, il passa à d'autres seigneurs. En \l\il\, Henri V d'Anglelerre le donna à son frère le duc de Bedford, qui prit le titre de comte de Richemont. E. Cosneau. Le connétable de Richemont, pp. I\, 7, 477, 478. In-80, Paris, r886,
femme, Jeanne de Navarre, fille de Charles le Mauvais. Il naquit au château ducal de Succeniou", le 24 août iSgS.
Il n'avait que six ans lorsque son père mourut (iSgg). Le dtic Piiilippe de Bourijog"ne, père de Jean sans Peur, emmena Richemont avec lui « en Picardie et en ses autres païs ». Le 3 avril i/|02, Henri IV, roi d'Ani*^leterre, épousait par procuration la duchesse Jeanne, mère d'Arthur. Après la mort de Philippe de Bourg^ogne, Richemont « se mit en armes pour servir Monseig^neur d'Orléans et Monseis;"neur de Berry' ». En mai i4'4i il était fait chevalier au siège de Soissons. 11 prit part à la bataille d'Azincourt ; il y fut blessé et fait prisonnier. A Londres, il revit sa mère devenue reine. En 1420, le roi Henri lui permit de quitter l'Angleterre et de fixer sa résidence en Normandie, sous la garde du comte de Sutfolk, avec promesse de n'en point sortir sans congé du monarque. Richemont tint sa parole tant que vécut le vaiiKjueur d'AzincourI ; mais, à sa mort, il s'estima dégagé.
En octobre il^^'S, le jeune frère du duc de Bretagne épousait à Dijon la veuve du dauphin Louis, Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans Peur, désignée communément sous le nom de madame de Guyenne. Cette même année, Arthur de Richemont entrait en relations avec le roi de France. Une ambassade envoyée par Charles VII
1. Aujourd'hui Succinio, canton de Sarreau, arrondissement de Vannes, Morl)ihan. On voit encore les ruines imposantes de ce manoir.
Sur Arthur de Richement, voir V Histoire qu'en a publiée E. Cosneau, professeur au Lycée Henri IV. i vol. in-80, Paris, 1886, Hachette, éditeur.
2. Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, pp. 8-7. Edit. de Achille Levasseur ; in-80, Paris, M DCCC XC, Société de l'Histoire de I^'rance.