CHAP. XVI. LR SIEGE D ORLEANS. ROUVRAY. I I I
résolument ses hésilatioiis et relever son coura^-e. Les conseils qu'on lui faisait entendre n'étaient que faiblesse et pusillanimité. Selon les uns, il n'y avait qu'un parti à prendre : se retirer en Daupliiné et de là défendre pied à pied le Lyonnais, l'Auverg-ne et le Languedoc; selon les autres, il fallait renoncer à la lutte, traverser les Pyrénées et demander asile à la cour de Castille'.
A la nouvelle du retour et de l'insuccès de Xaintrailles, un profond découragement envahit aussi le cœur des loyaux Français. C'était le cri g'énéral qu'il « n'y avait es])érance quelconque d'avoir secours ni ayde humaine; qu'on ne pouvait rien espérer que de Dieu^ ».
Eh bien, en ce moment-là, malgré l'échec de son ambassadeur, Charles ne désespérait plus. La vierge de Domremy avait paru à Chinon, et elle lui avait fait entendre le langag'e de la confiance : sa parole si ferme et si douce, si décidée et si persuasive, avait conquis le Jeune prince; et des hommes sages et autorisés lui avaient affirmé qu'il pouvait s'aider de cette Pucelle. Et l'on avait appris ces choses à Orléans. On savait que la vierge guerrière avait promis, de par Dieu, de donner son signe sous les murs de la ville assiégée et de chasser les Ang-lais. Ce n'était donc plus le cas de g^émir, mais d'espérer quand même. Jeanne marchant sur Orléans à la tète de capitaines et d'hommes déterminés, Jeanne combattant les ennemis du royaume avec la protection du Ciel, rien n'était perdu, tout pouvait être g^ag^né.
Ouoique quatorze ans seulement se fussent écoulés depuis Azincourt, cinq depuis Verneuil , deux mois