‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 83 sur 381 · DUNOIS. SON ENTRÉE, LE SOIR, DANS LA VILLE · texte numérisé non relu

DUNOIS. SON ENTRÉE, LE SOIR, DANS LA VILLE

En partant de Blois avec les trois mille hommes du corps expéditionnaire ' et le convoi de secours, Jeanne d'Arc aurait voulu qu'on se dirii^eàt sur Orléans par la rive droite de la Loire, du côté de la Beauce. Les Ang^lais

I. C'est, nous l'avons déjà dit, l'évaluation d'Eberhard Windecke (Procès, t. IV, p. 491)' ^t aussi de la Chronique de Toarnay, t. III, p. 409, du Recueil des Chroniques de Flandre.

I l4 JEANNE ET SA <( MISSION DE VIE », PHASE GUERRIERE.

avaient installé sur cette rive, il est vrai, leurs bastilles les plus fortes et leur camp retranché. Or, c'était là, au jug-ement de la Pucelle, un motif déterminant pour marcher droit à l'ennemi et l'aborder de front. De la sorte, on n'avait pas l'air de se dérober dès le premier moment, et l'on se montrait décidé à accepter le combat, si peu que les Anglais voulussent l'offrir. Dans le cas où ils eussent essayé de lui barrer le chemin, Jeanne comptait bien, leur passer sur le corps, ce qui eut produit le meilleur effet et précipité peut-être les événements.

D'un autre coté, si les chefs de l'expédition avaient marché sur Orléans (>ar le coté de la Beauce, ils auraient évité la surprise qui les attendait à leur arrivée devant la j)lare, lorsqu'ils se virent dans l'impossibilité de faire traverser la Loire aux troupes qu'ils avaient amenées et de les introduire dans la ville.

Le trajet de Blois à Orléans par la Sologne demanda deux jours. La première nuit, Jeanne coucha tout armée sur la dure. N'ayant pas l'habitude de la cuirasse et des armes, elle fut toute meurtrie. Le troisième jour, vendredi, au matin, on arrivait en vue d'Orléans'.

Grande fut la stupéfaction des assiég-eants dans leurs bastilles de la rive gauche. « Les hommes d'armes qui

I. Ce sont frère Pasquerel et le page Louis de Coûtes — ils turent du voyage — qui nous renseignent. Le premier, sur les deux jours passés aux champs et l'arrivée devant Orléans le vendredi 29 avril, ^ jacuernnt iUa die in cainpis, cl eliam alia die sequente. Et lertia die applicnei-iint prope nillani Aiirelianeusem (Procès, l. III, p. loô). Le second, sur l'état de souffrance dans laquelle Jeanne tout armée passa la première nuit de l'expédilioii, sans louletois dire la même chose de la nuit suivante, — cubiiil cum (innis in unrle sui recessus a villa Blesensi [ibid., p. 65). Ecrire aujourd'hui, comme on l'a fait, qu'elle arriva le jeudi soir 28 avril en vue de la ville, c'est contredire ces témoignages de première valeur.

CH. XVjr. DANS ORLÉANS. — PRISE DE SAINT-LOUP. IlB

conduisaient le convoi de vivres s'avancèrent vers eux, de telle sorte que des deux côtés ils pouvaient se dévisager '. »

Au reste, les capitaines ang-lais parurent fort peu rassurés. Dès que le corps de secours eut été signalé^, ordre fut donné à la garnison de la bastille de Saint-Jean-le- Blanc de se retirer, au premier signal, dans la bastille des Augustins ^.

Jeanne, toujours convaincue de l'opportunité d'une démonstration guerrière, était d'avis, lorsqu'on se trouverait en vue de la cité, de marcher droit sur la bastille de Sainl-Jean-le-Blanc et de l'attaquer 3. Les chefs de l'expédition, plus prudents, se bornèrent à tourner Olivet et ils vinrent chercher, sur les bords de la Loire, audessus de Saint-Jean-le-BIanc, un point où l'on pût attendre les chalands et bateaux que les Orléanais devaient envoyer ^.

Cependant, on informait « M^"" le Bastard d'Orléans »

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