Procès, t. III, p. io5. Déposition de frère Pasquerel
2. Chronique de la Pucelle, p. 288. — L'évacuation put n'être pas complètement eflFectuée, car Simon Beaucroix parle de la présence des Anglais en celte bastille le jour où fut emportée celle des Augustins. [Procès, t. III, p. 79.)
Jean d'AuIon dit expressément que l'objectif de la Pucelle et de Dunois, le jour où la bastille des Augustins fut emportée, était de s'emparer de Sainl-Jean-le-Blanc. [Procès, t. III, p. 214.) Il faut donc, ou bien que les Anglais n'eussent pas évacué complètement cette bastille, à l'arrivée de la Pucelle, ou bien que, les jours suivants, ils l'eussent occupée de nouveau.
3. Procès, t. III, p. 78. Déposition de l'écuyer Simon Beaucroix. /|. Déposition de Simon Beaucroix, loc. cit. — Le second convoi
de vivres, expédié de Blois, arriva le 4 ™ai au matin en vue de la ville, comme on le lira plus bas. Il est probable que le premier convoi arriva de même dans la matinée du 29. En tout cas, ce fut le « troisième jour », c'est-à-dire le vendredi.
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que la Pucelle et le corps de secours étaient en vue de la place, de l'autre côté du fleuve, à la hauteur de la bastille de Saint-Loup. Aussitôt, Dunois « fait assembler un certain nombre de cens de g^uerre, parmi lesquels Thibault de Termes et La Hire » ', auxquels se joig-nirent quelques-uns des principaux bourg-eois de la cité, et remontant le fleuve « environ un quart de lieue », il aborde au port du Bouschet. A peine Jeanne l'a-t-elle aperçu qu'elle s'approche et lui dit :
— C'est vous, le Bâtard d'Orléans?
— Oui, et je me réjouis de votre arrivée.
— Est-ce vous qui avez conseillé d<' me faire venir parce côté-ci, et non par celui où étaient Talbot et les Ani5^1ais?
— Moi et d'autres avons donné ce conseil, pensant agir plus sagement et plus sûrement. Il ne nous semblait pas possible que les hommes d'armes charg-és de mener le convoi pussent résister aux Anglais et cpie les vivres pussent entrer du côté de la Beaiice.
— En nom Dieu, répliqua Jeanne, le conseil de mon Seigneur est plus sage que le vôtre. Je vous amène, sachez-le bien, le meilleur secours qui vînt jamais à chevalier ou cité, car c'est le secours du Roi des cieux. A la requête de saint Louis et de saint Charlemagne, il a eu pitié d'Orléans, et il n'a pas voulu que les ennemis eussent à la fois le corps de votre duc et sa ville. Quant aux vivres, ils seraient entrés j)ar la rive droite sans qu'on eût besoin de leur faire traverser la rivière '.
1 . Déposition de Jean d'Aulon et de Thibault de Termes [Procès, t. III, pp. 210 et 1 19). — Abbé Dubois, Histoire du siège d'Orléans, p. 342. — MoNTELLiER, Le sièffe d'Orléans, p. 82.
2. Procès, t. III, p. 5. Déposition de Duuois. — Chronique de la Pucelle, p. 284.
eu. XVII. DANS ORLÉANS. PRISE DE SAINT-LOUP. I I7
En ce moment, les eaux du fleuve étaieiil basses et le vent contraire. On était fort inquiet, et l'on se demandait comment les bateaux qu'on avait préparés pourraient remonter de la ville jusqu'au point où était le convoi, car ils ne le pouvaient qu'à force de voiles. « N'ayez crainte, dit la Pucelle; attendez un petit instant. En nom Dieu, le vent changera et tout entrera sans que personne y fasse empêchement '. »
Soudain, peu après, une crue se déclare, la rivière coule « à plain chantier », le vent tourne et devient favorable, « tellement que un chaland menoit deux ou trois chalands, (ce) qui estoit chose merveilleuse, et falloit- dire (jue ce fust miracle de Dieu^». Les bateaux tendent leurs voiles, remontent la Loire et viennent bientôt se ranger le long de la rive, au point où se trouvait le convoi.
Ne doutant plus, à cette vue, que les vivres ne fussent introduits dans Orléans, Dunois supplie Jeanne de consentir à entrer, elle aussi, ce même jour, dans la cité qu'elle venait délivrer. « Les Orléanais, ajoutait-il, croiraient ne rien avoic s'ils avaient le convoi de vivres sans la Pucelle. Ce leur serait un grand confort s'il lui plaisait de venir. »
Mais, pour accorder à Dunois sa demande, il fallait que la jeune guerrière se séparât de ses hommes d'ar-
1. Chronique de la Pucelle, p. 284. — Le sire de Gaucourt (Procès, t. III, p. 18) aUeste cette annoDce du changement de vent et sa réalisation immédiate. Frère Pasquerel atteste la crue subite du fleuve. {Procès, t. III, p. io5.)
2. La délivrance d'Orléans, Chronique anonyme du quinzième siècle, pp. 28-29, publiée par Boucher de Molandon. In-80, Orléans, i883. On la trouve à la fin du tome V de J. Quicherat, p. 285, au premier rang- des Documents relatifs à la fêle du 8 mai.
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mes, et elle n y pouvait consentir, « Quant est d'entrer dans la ville, dit-elle, il me feroit mal de laisser mes gens, et je ne le doibs faire. Ils sont tous confessez et, en leur compaignie, je ne craindrais pas toute la puissance des Anglois '. »
On fit observer à la jeune j^uerrière que ce qui j)araissait encore moins possil>le, c'était que ses i^ens traversassent le fleuve et entrassent dans Orléans. Il ne lallait pas song^er à jeter un pont de baleaiix, tous les bateaux disponibles étant retenus pour end)ar(pier les vivres. D'un autre côté, il n'y avait qu'un pont à la disposition des troupes, et l'on devait aller le chercher à lilois, les Ang-lais étant maîtres du pont de Beaugency. Force était donc au corps de secours de revenir en arrière : il ne restait à .Jeanne qu'à le reconduire elle-même,
— Oh! pour cela non, prolesta vivement la Pucelle. Jamais elle ne se prêterait à une mesure capable de compromettre le succès de l'expédition. A aucun prix, elle ne retournerait à Blois',
— En ce cas, répondit Dunois, demeurez avec nous et laissez aux capitaines le soin de vous remplacer. Ils conduiront vos hommes d'armes à lîlois, ils y passeront la Loire, et cette fois-ci ils reviendront, avec le nouveau convoi, par le côté de la Beauce.
Mais les capitaines y consentiraient-ils?
Dunois se chargea de s'en assurer. S'adressent au maréchal de Rais et au sire de Loré, il les pressa, dans l'intérêt même du roi, de seconder son dessein. Les deux capitaines s'y prêtèrent de bonne grâce. « Jeanne, dirent-ils à la jeune Lorraine, ne refusez pas aux