‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 86 sur 381 · Procès, t. III, p. 67; t. V, pp · texte numérisé non relu

Procès, t. III, p. 67; t. V, pp

Pendant que ces graves dispositions s'arrêtaient, les nombreux chalands, auxquels la crue soudaine des eaux et le chang"ement de vent avaient pernnis de remonter le fleuve, arrivaient peu à peu ù destination. On y embarqua le plus de vivres et de munitions qu'il se pouvait, et, passant entre l'île au droit do Saint-Aig^nan et l'île aux Bœufs, ils vinrent aborder dans le voisinag^e de la porte de Bourgog^ne ovi ils liireiil prestement décharg-és.

11 send)le que les Anglais eussent pu s'opposer à cette opération. Monstrelet a écrit (ju'ils essayèrent^. Du côté de la rive gauche, si les Ang"lais ne ijougèrent pas de Saint-Jean-le-Blanc, dans le cas où ils ne l'eussent pas évacué, sur la rive droite les chefs qui commandaient à Saint-Loup song^èrent [)eut-être à faire une démonstration. Mais ceux d'Orléans les prévinrent. « Ils saillirent à grau puissance et allèrent courir et escarmoucher devant la bastille, si bien (pi'ils apportèrent dedans leur cité un des eslendars des Anglois. Et lorsque cette escarmouche se faisoil^ entrèrent dedans la ville les vivres que la Pucelle avoit conduits », conformément à l'assurance qu'elle en avait donnée.

Peut-être une faveur céleste dont la jeune vierge fut l'objet pendant les quelques heures passées à Reuilly, l'éclaira-t-elle sur la sagesse des résolutions qu'elle venait de prendre. Les lettres d'anoblissement, auxquelles nous faisions allusion tout à l'heure, exposent que « le jour où Jeanne entra dans Orléans pour la pre-

I. Chronique, livre II, chap. lix ; t. IV, p. 820. — « Lors ceux de l'ost s'efforcèrent de conquerre les dessus dits vivres. Mais ils furent bien défendus par ladite Pucelle et ceux qui étaient avec elle, et furent mis à sauveté (en sûreté). »

Ni la Pucelle ni aucun des témoins cités ne disent rien de semblable.

GH. XVII. DANS ORLEANS. l'RISR DE SAINT-LOUP. 121

iiiière fois, elle y fut invitée par une apparition d'anges dont Gui de Cailly fut pareillement favorisé ». Ces choses, Charles VII les tenait de la Pucelle même. Sans doute implora-t-elle les lumières et l'assistance de son céleste Conseil. Saint Michel et les saintes qu'elle n'invoqua jamais en vain répondirent à son appel et approuvèrent ses résolutions'.

En quittant la Pucelle, le Bâtard d'Orléans ne redescendit pas aussitôt vers la ville. Avec les capitaines qui s'étaient joints à lui, entre autres avec le chevalier de Saint-Jean, Nicole de Giresme, qui fut plus tard grand prieur de France, il profita du chang-ement de vent et remonta le fleuve plus haut que Saint-Loup pour se rendre compte de la manière dont on allait transporter sur les chalands le matériel du convoi. Les choses se passant à merveille, il reprit la direction d'Orléans et y arriva sans encombre « en dépit des Anglais — invitis Anglicis ^ ».

Après avoir fait part aux bourgeois Orléanais de l'impression excellente qu'il avait emportée de son entrevue avec la Pucelle, Dunois s'empressa de donner les ordres nécessaires pour préparer l'entrée de la jeune guerrière dans la ville. Le moment venu d'aller la rejoindre, il prit le chemin de Chécy « avec de nombreux chevaliers, escuiers, hommes d'armes. Et quand ils furent arrivés en iceluy village, moult joyeux, tous tirent grand révérence et belle chère à la Pucelle, et si fit-elle à eux-"^ ».

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