‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 85 sur 381 · CH. XVII. DANS ORLEANS. PRISE DE SAINT-LOUP. I I · texte numérisé non relu

CH. XVII. DANS ORLEANS. PRISE DE SAINT-LOUP. I I

Orléanais d'entrer dans leur ville. Allez-j sûrement, nous vous promettons de retourner bien biief vers vous ' . »

Rien, ajouta-l-on, n'empêcherait Jeanne de garder un certain nombre d'hommes d'armes pour l'escorter et entrer avec elle dans la ville.

Ces considérations eurent raison de la résistance de la jeune guerrière. Laissant au Bâtard d'Orléans le soin de faire entrer les vivres dans la ville et d'ordonner les préparatifs nécessaires pour la recevoir elle-même, Jeanne manda son aumônier, le frère Pasquerel, et lui donna ses instructions pour retourner à Blois, bannière en tête, avec ses hommes d'armes, les prêtres qui les avaient accompagnés, et pour en ramener le nouveau convoi. En ce qui la concernait, pendant qu'on déchargerait les vivres et les munitions sur les bateaux, elle remonterait jusqu'à Chécy, traverserait la Loire et se tiendrait à la disposition des bons Orléanais.

Ainsi fut-il fait. Avec son intendant, Jean d'Aulon, avec ses frères, son page Louis de Coûtes, deux cents lances et La Hire, Jeanne remonta jusqu'à « l'Isle aux Bourdons », à 9 kilomètres en amont du fleuve, à la hauteur de Chécy"; elle y passa l'eau et reçut, quelques heures, l'hospitalité au château de Reuilly, chez Gui de Cailly, pour qui, en juin suivant, elle obtint de Charles VII des lettres d'anoblissement^.

1 . Déposition de Dunois, loc. cit. ; — Chron. de la Pucelle, p. 285.

2. Chronique anonyme du quinzième siècle, p. s8. L'Ile aux Bourdons « était un des nombreux alterrissements séparés par de minces filets d'eau qui existaient alors dans le lit de la Loire. Elle portait le nom d'une famille orléanaise (Les Bourdons) qui en avait la jouissance ». (Boucher de Molandon, ibid., p. 56.)

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