‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 92 sur 381 · ChronKfnc, p. :^8<'t · texte numérisé non relu

ChronKfnc, p. :^8<'t

Le soir de ce même samedi, elle se porta de sa personne sur le pont, ;\ proximité de la bastille des Tourelles, de manière à pouvoir être entendue, el là, elle somma à haute voix les assiégeants de s'en aller, car « c'était le plaisir de Dieu », el le commandant de la bastille, William Glasdale, de se rendre, lui promettant la vie sauve. Les Anglais ne lui répondirent que par des injures et des moqueries; ils la traitèrent de vachère, de rihaaile, ajoutant une fois de plus que s'ils s'emparaient d'elle, ils la feraient briller.

« N'importe, réplicjua la l*ucelle, vous vous en irez bientôt; et loi, Glacidas (nom francisé de Glasdale), tu ne le verras pas ' . »

Nous dirons tout à l'heure comment cette prédiction fut littéralement accomplie. Le prétendu Bourgeois de Paris qui la rapporte, quoique fort prévenu contre Jeanne, donne trop de détails sur la mort du capitaine anglais, survenue comme la jeune g-uerrière l'avait annoncé, pour que son incrédulité ne fût pas entamée. C'est lui qui en fait la remarque :

« Et ainsi advint-il ; car il (Glasdale) se noya, et depuis fut [)êché, et fut dépecé par quartiers, et embaumé, et apporté à Saint-Merry, et fut huit ou dix jours en la chapelle; et nuit et jour arrivaient (brûlaient) devant son corps quatre cierg-es ou torches; et après fut emporté en son pays pour enterrer^. »

Dans la matinée du jour suivant, dimanche i*"" mai, conformément à la décision arrêtée la veille, Dunois avec Jean d'Aulon, plusieurs capitaines et leurs gens,

1 . Chronique de la Pucel/e,p. 290 ; — Journal du siège, p. 79 ; — Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 237.

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