VI. Il
quand il est parvenu à avoir peur de son prc^re parti eti déserter son drapeau ! Carnot. cep endant^ voulait la gloire et le bonheur de la France : il était républicain par ses mœurs, et prêt à donner sa vie pour son pays; mais^ je le répète, il n'était pas fait pour gouverner.
Aussitôt après cette triste victoire , le Direetoire , dans on message adressé aux conseils, demanda que les prisonniers faits sur le champ de bataille fussent jugés mili^ tairement. Il sollicita aussi , en s'appuyant sur un article de la constitution , le droit de faire des visites domiciliaires pour découvrir tous les coupables. Les conseils accordèreat la.première demande ainsi que la seconde, mais ils spéci-» fièrent la durée du temps pendant lequel ces visites pour« raient se faire ^ et, sur la proposition de Favart, ils dé* darèrent que Tasile des citoyens était inviolable la nuit.
Le conseil de guerre envoya trente des conjurés à la mort; ils furent exécutés à la plaine de Grenelle : parmi ces victimes se trouvaient les trois ex-conventionnels. Trente antres citoyens furent déportés et vingt-cinq condamnés i une détention plus ou moins longue. Quelques hommes da parti prétendirent que Barras entrait dans le complot, La supposition n était pas invraisemblable, mai» la hain« que Carnot portait à son collègue contribua plus que tout le reste à accréditer cette opinon. On crut, avec plus de raison, que Drouet était à la tête du mouvement; on disait même lavoir vu dans Téchauffourée du camp. Il ^7 avait rien là que de probable \ Drouet était asser imprudent» assez exalté pour se commettre ainsi -, on a prétendu, et je le crois, que Taltien etFréron attendaient sur le qnai Voltaire le résultat de Taltaque.
Mais telle était la force du parti révolutionnaire que tant de batailles perdues ne le décourageaient pas: voici la source de cette constance : on se souvifnt de cette grande époque où les Jacobini^ de Paris,, proclamant sans cesse les dangers dç là patrie, appelai^t aux armes tous les^homi»^
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da cœar et de tête y et correspondaient arec toutes les sociétés populaires qui couvraient alors la France. Après la ré- Yolution de thermidor et la clôture du grand club de France , les rapports semblèrent brisés entre la capitale ^t les départemens*, mais quelques patriotes^ échappés à la tourmente, restèrent debout dans Paris , et comme leurs nom$ étaient CODMS , lerf rérolutionnaires des provinces avaient \ts yeux sur eux et se montraient prêts à obéir. Eirectivemént, ils accouraient toujours au signal donné \ d'un autre cOté, les deux conseils , et surtout celui des Ginq-Gentsy renfermaient un certain nombre de représentiins ({tri conservaient Fesprit et les traditions de la révolution : le feu sacré de rinsurrection vivait encore dans le cœur d'un assez grand nombre de conventionnels dépossédés du pouvoir, et assez impolitiquement délaissés par le Directoire, qui aurait àd prévenir les effets de leur ressentiment^ d'un autre côté, les journaux jacobins, quoique retenus par une certaine prudence, entretenaient les espérances et Tcxaltation du parti. Les alarmés du Directoire tendaient encore à Tac- • croître , en donnantaux JàcôbiDs une haute idée d'euxmêmes, puisqu'ils faisaient trembler un gouvernement TÎctorîeux de l'Europe. Enfin, les révolutionnaires avaient,, ou croyaient avoir, par la èecrète accession de Barras , des intelligences jusque dans lé camp ennemi, c'est-à-dire dans te sanctuaire dti pouvoir. De toutes ces causés , et plus encore de cette ineffaçable caractère d'activité, dé conviction, d'espérance, d'illusions, de sentiment de sa force, de foi politique, d'esprit de prosélytisme, qu^une révolution imprime atix hommes qu'elle a saisis et occupés tout entiers j venaient l'audace, là force, l'incorrigible imprudence et les entreprises sans cesse renaissantes des débris du parti dont Babeuf et ses doctrines étaient venus rallumer la fureur.
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