‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 25 sur 93 · MILAN. 15S · texte numérisé non relu

MILAN. 15S

de Sèliottefidoif etBô^elmini s'enfuirent en désordre sur Crema.

lies FraTiçais mardlièrent surPizzighittotie, qai se reûdft ikirte fl'açiprovîsîonifteniétis. Peiadaht ce inotivefment, nAre cavàteiiè , aqptës 'awîr p6cnri5ùîvi Tatrière - garde autrichientfe fûstpa^à YOglio , fit sola entrée a Crémone. L'anèrée 'etoemîe , complètement déinoraiîsée , ïïe polivaît |)!us tenir devant iiorfs', 'et ses (îhefs'ne comprenaient Vîen à d^e^'neifre de géttie , et surtôWt à la rapidité 3es InarchBS 'dh lib^Vfeâa Césàt. Un scftfl fait montrera mîedx *^ue Hotts h^'^ikwASûs hhite îatibtfctfient dés métliodiijùestactidétfs tfô ncrrd.

Itdnâfrshrtle^tlanstidè'roÉde, vint à passer dans nn Livôuac de f>'i^(B«fn(ièrB "OÙ se trouvait un vieil officier hongtdîà. Le^génèrail ¥ép6Ïj8(?atn , ^ûi îdî était încoùna , layan t intcfrtrog*étffifttèS rfflMrés de l'armée , dont jadis il faisait partie, il W'disilîmcnk pas Qu'elles n'allassent très mal: a Mais, 'q6ntlà-t41, il n'y a plus moyen d'y rien comprendre , nous avms atffaire à tin jeune général qui est tantôt àeVant ^oiky tàlitôt Strr notre queue, tantôt sirr nos flancs; on nie'sait jamais dôntlmentîl faut se^placér. X^ette matiière de iaifela giieïlre eist insupportable et viole tous les usages. » B6ïisi]pâyte^oiàgea enfin à faire ^on entrée a Iftilan , que l'aifohldàè , "aînsi'^e lés partisans îde TÀùtriiihe , avaient fibatrdmmé. L^ mutiicipalité et les états de lombïfdîe envoyèrent an Vain^tièû'rtfÉi'edéputatîdn à làlête&elk^ueHe •setrduVait 1è^*rfÂfcO*nsulte Melri, Tpour protester deTobéteaiJde^étaèlàsbûttfîssîonae Ufîlàn et d(?s états tôfn- Kàrfs. Bôtilçîlrtè répondit abî envoyés avec celte adresse îllailîtJnbife fet'céftè ^oiiuence inspirée quilùï furent si utiles )i-pt^iëtiil3 époques de son étonnante carrière, mafs qui lai'u^Yifl[ii^rétit d^hs plusieurs cîrcdnstaiices importantes, parce que souvent la colère l'emportait, et qu*îl ù'étàît'pas toiljfibri %âîffe àè gouverner ses paroles avec satfg-froid. Aa^iiftôr^lôOBlés patriotes de Tltalie accoururent ïi Mflan

156 REVLUTION FaA;VÇ4ISE.

pour voir le général en chef, le rcstaaratear de lltalie. Le 15 mai , le vainqueur de Lodi , au milieu d'un peuple immense^ fit son entrée à Milan. Sa figure calme, quoique avec Texpression du bonheur, frappa vivement Tardente imagination des Milanais; ils l'accompagnèrent avec des cris de joie jusqu'au palais du prince Serbelloni qui, en qualité de chef de la garde nationale milanaise, s'était chargé dui^soin de recevoir le conquérant. Les traditions du temps s accordent à dire que jamais peut-être il n'obtint de l'enthousiasme de ses contemporains un plus éclatant triomphe. Après avoir joui un instant des témoignages de l'admiration et de Tamour de tout un peuple , Bonaparte fit aussitôt investir le château de Milan , en même temps qu'il créa une autorité municipale et une garde nationale. Il se vit contraint de frapper une contribution de vingt millions sur les Milanais, dont la plupart payèrent, sans regret, ce qu'ils regardaient comme la rançon de leur délivrance. Le général ne tarda pas à trouver d'autres ressources. Le duc deModène, prince avare et timide, lui envoya des députés pour traiter aux mêmes conditions que le prince de Parme-, Bonaparte^, sachant à quel homme il avait affaire, exigea dix millions, des provisions de toute espèce et des objets d'art. La prospérité de ses finances lui permit alors d'envoyer au Directoire quelques millions. Dans le même moment , ayant appris que Tarmée du Rhin manquait du stricte nécessaire , il se hâta d'adfiesser, par la Suisse, un million àMoreau. C'était se conduire généreusement envers un collègue moins heureux que soi, mais Bonaparte, dans cette circonstance, agissait encore sagement , car il importait beaucoup au succès de nos armes en Italie, que le cabinet autrichien ne pilt pas renforcer ses troupes avec des soldats pris dans d'autres armées.

La correspondance établie entre le général et le Directoire est une étude curieuse et dans laquelle se révèlent

EFFET DES VICTOIRES d'iTALIE. iS?

toute la netteté/ la finesse, Fintelligence et l'audace .da génie de Bonaparte. Le Directoire lui écrivait des lettres defélicitation, osait à peine lui donner des ordres, et semblait regarder comme son plus ferme appui Thomme qui devait un jour renverser ce gouvernement dégénéré. Barras, insouciant par habitude , ne songeait point à Tambition de Bonaparte; il se croyait d'ailleurs assuré de le trouver fidèle à leur liaison, et disposé à le [seconder; les autres directeurs n'en étaient encore qu'à l'admiration. Les. patriotes ne se montraient pas sans quelques inquiétudes ; un journal révolutionnaire, celui des Hom^ mes libres, semblait déjà avoir deviné ce que la France pouvait attendre ou craindre d'un homme qui paraissait sitôt s'affranchir de toute dépendance , et peser plus que la république, son gouvernement et ses citoyens les plus élevés par leurs talens, leurs services et leur fortune.

Malgré toutes ces victoires qui auraient dû lui donner de l'éclat et de la puissance, le Directoire n'en était pas plus fort et plus respecté au dedans. Les royalistes continuaient à le miner sourdement , à pratiquer les esprits , à corrompre les . opinions , à s'emparer des autorités et à faire impunément, par leurs journaux, une guerre active aux principes de la révolution. Ils tournaient les bienfaits de la liberté contre elle-même. Pendant ce temps, le gouvernement, qu'ils détestaient, qu'ils aspiraient à détruire, s'exagérant à lui-même le danger de la conspiration de Babeuf, et, entraîné par l'esprit de réaction, expulsait par degi^s les patriotes de toutes les administrations dans lesquelles il les avait placés , et , par une pente inévitable qui jette toujours le pouvoir dans des fautes graves lorsqu'il se sépare des siens, il admettait des hommes douteux, et dont un certain nombre inclinant pour le royalisme, ne manquaient pas de laisser éclater leurs dispositions hostiles contre les patriotes. Beaucoup de conventionnels non réélus, que le Directoire aurait dû ménager par pu-

dç.ur, étai,eQjt frites de s'être y^ diasp^r âfi l/ak qip^^. cççïime des émigrés par leurs coU^gojes ^ 1^ Çpjgi^^tiioii.. Ilja,Yaîl,etfecUve.went wp.!)ideur,^ ^Wia^^^çm

d^n;i^9,etU cçnduite. \a\ pplice da lojbo^tre Ço|ç1||i:m%> soç-

cçs^V ^ ^^'W ' ï*^> ^.^^** ^^PW ^^. 5c^^. après, •* 4fe: ratuisiop àp Ççnisâeui^ , é.^it s«\rtoiH odxjçu^. %^ pgtrjiç^l, q^'eljjei j^oursuivait bien. plus activeinent ^uçles rojalî|A¥S^ parce, q/j^Q 1^ gouvçri^ejçiçnt rçiouiai^ l]g^ç^ pj^s^ ^ ptofs-^: i^i^ (flff ]fi& seçwd*. Lanc^%%i«ç f»9«I^«^ Wft> ojjibliaut çntij^enoent liepjçff^çipe et l'oqgiftft 4k SS^Avep^ife iftç;^t , à 1a foi3 irritamte et proyjopa^içe, eÛ% ^ajiswS ^ijftt cÇjftp^eimal et portait l^s esprit^ ai;4çflfl.%wi extçéwijl^ qUi^e çUÛ cliargçe de préyei^, ^^ çxi^tsft^ ^'^IÇW? 4a jtt^te^ sujets 4çplaifttesqui^^r^sai^^ 5iffeg\îoRi^oyr>

1^ goijxerpewç^t , e^fl^mmsde^ ^e% ig^oi^içjateH^^ aliéns^f^t les cçeyrs. t9^ rçine djçs asj^igi^t)», l^^ çfc,ytç ^fj i^avdats qffi leur ^^aie^t &ucçé<ié> ^cjbierté %||t1\jçç%2 le ^J(ai^\d'oq^r^ç, rçiji^içu,!, la çpoi^^^oii ^u, pfBçplç, e^tf ô*

ipeçuejpt divfe^ il aççusjgditi yiolç^^ifte^iç^t \w ^i^^c^^i^j ^, rç^cçitt,ant Tépo^ue a, laquelle ijl. i^eçevait d^3i dû».ti;ihiu^tîigggA 4e yivççç^ et 5vara,^te sçus-paç jour ^ ^^sj^. ^t^tril fl^çjfyç ^1- Iç^ejpjen.^ çUsposé à écouter les cojïse\|^. d^^ ^ÇÎ<^!\f: rév^* lijti^D^ai^es , <ju'il regardait J^ l^ij^ droj\^ cpi^ej sg^ajnis.f^ t^^ (jvi'il sçnm fort tien ^v^ç Iç, çp^jyç^fAejipea^ u'^y^t, psV5,d'çntraijlles poui^ lui. D'autre çaiçt, dçs ho^mçs^^ç,dérés» irritéjs de voir le^ rojal^tes appçl^^ dijo^^ a^ir(^;$,,^ ^ijyaiçAt les i;évolutionna^i.rçs^ et sç çjcjntça^çjji,^ 4W^?^ \ les sçutenir si leur auds^ce. obtenait la Tiçloipfe. Çe\tç i^e^dance de queV}\ie$ honMues sagçs 1^ s^ rajl^ec ^ijpt patriotes, avait été encore accrue par miei Causse déniarçhft dçs royaliçt^ç, ^i^ avaiçAt follement teiité j^ Vfi^SJ^fifli^J^''^ ment avec des cocardes blanci^e3. à leurs cl^aypjçaui^. Cette insurrection sans peuple fit tourner en ri^ulçi Içi^ rçjaUstç^ assez mal avisés pour avancer alors que les cacardes b^nt ches avaient été arborées par des r^publicaù;is qui you^iei^

MOUVEMENi; SJpl( V^ CAUt W QVÈNELLE. Vttk

Ii^ da Diureçtoiçe. Ce misçrakhle. su^iecfage , qu'on lew. atti%gAii %$^im^^> ^^. ^ifif^ loû^ de la pensj^ dea |iatçi^j^, d^ut les. i4vA e;^Hç& $appc6iasejoLt à teatec ua moqv^çjQ^ieot pareil à çeli^ <m'av^ médité ]Mkli«Q&

Le Pj^içectoire: ^yait alors pjrè3 de Bai is deux cçd^pa de trpjQipe;!, V^ c^T^jjfé dau^ l^ 9\m^ de Ore^eUe,, la,iiic^ d%n;s ifif^ç de Yi^cepnes.. ies c|^^ du ptatU révqjiatianoiaire projetèreat dfi séduira yae. partie, de ces soldatSi pçyr en former un^ i^iojau d'iE^.uj^cecUo^ et une fo^ce cap^Ue de rassurer toa> cçtiix qiM pourraient hésitec à se montrer au j[our di,^ péril. Le&troia ex conirentionnela Iloguei, JaToqyé et, Gusiiet, exçlu$ d^Gorfif» légistotif^pai: le sort, se tro^vaie^t à |^ tète 4^ co9plo,t a^ee d'autres citoyei^; c*e^ de cçtte espace de direçUm miirreiCtioAnelle que sortH une adiçes^e qi^ e7çit^\t l^i^ trçupj^s à si^ lever en^Q po^r aidçr le pçiAple à ^ai^r \^ tyraus^. le& députa s'étaient a(iy|oi|nts le général Fio(p> Aé ^ BeJigique^ iiOjQme d.ç résolution, c^stii\^ à prendre le C9in;m^dçxaenl des corpvs qui se déclareraient fpu^ le m,qi;^vç9i]^t. Onel-> q^es a^tres^ officiers généipaujj^, desiti^ués qfVWIlci liû> pi^^r. naiçnt parti dans T^ffaire.Âpr^ avoir Içi^^^ei^ (^|j(iç$»^(4 lewr P^^^ 'fs ^^^ 4® ^^ co^piratipx^ réfo(qcei\t d'^ dans la Au^t iff 24 an ^ fructidor. 9^%^ d'«^¥4 d^ diyçrs lieftx publics, ik se divisèrent ep j^^ei^m Ipt^iftr des,, et, sous Isi conduite de quelques mi\U(a^rf s ^& ^iz vice, ils se dirigèrent sur les différens points qq(\ left hoiyn^es à la tête du mouvement avaient dé^gpé3, Le ifomhçe des conjurés se trouvait de mille à douze cents ^ la plapart armés de pistolets et de poignards..

Une première troupe se porta sur le (.^xemlMiiurg y maift ceux qui la guidaient ne tardèrent pas h s*aperçei^oir qua les approches de ce palais , dans lequel demeuraient lea directeurs, étaient mieux gardées que de coutume ^ alors ils n'osèrent tenter Tattaque prescrite, et se ^eplièreni sur

160 RivOtUTION niANÇAISB.

leurs camarades, qui marcbant Ters le camp de Grenelle , sous le prétexte de fraterniser ayec les soldats qu'ils avaient gagnés , espéraient forcer les autres à se prononcer pour le peuple, ou les désarmer s'ils se montraient hostiles. Hais les officiers savaient ce qui devait avoir lieu \ et comme on soupçonnait le vingt-unième de dragons, composé presque tout entier de la légion de police, de s'être laissé corrompre, ils ravaient transporté sur un autre point que celui de Tattaque prévue , car la police connaissait tout dans le plus grand détail -, et d'ailleurs, un officier de la garde du Directoire avait donné Téveil au camp. Au lieu de trouver des amis, les révolutionnaires rencontrèrent des avantpostes hostiles qu'ils eurent bientôt désarmés, et pénétrèrent dans le camp en criant : A bas les tyrans du peuple! vive la constitution de 95! Un certain nombre d'officiers et de dragons, ralliés par le chef d'escadron Malo, et bientôt secondés par d'autres soldats , fondirent sur les insurgés comme sur des Anglais ou sur des Autrichiens , et les dispersèrent à coups de sabre. Les uns moururent sur la place, d'antres , poursuivis comme des bêtes fauves , se noyèrent dans la Seine ^ on fit en outre cent trente -trois prisonniers, parmi lesquels se trouvaient les députés Haguet, Javogue, Gnsset et le général Fion. Le reste des conjurés échappa à la mort par miracle^ l'un d'eux, que j'ai connu , frappé d'un coup de baïonnette sur son portefeuille qui en avait amorti la violence, parvint à sortir du camp.

Un fait assez singulier mérite de trouver place ici. Les conjurés avaient répandu le bruit que le député Goujon n'était pas mort. Gomme nous avions lieu de croire qu'il avait survécu au moins quelques jours au coup qu'il s'était porté, j'accueillis^avec avidité ce bruit, et je courus dans une maison , rue Montorgueil , où je devais , disait-on , revoir mon ami. Là , se trouvaient plusieurs hommes io l'insuprection projetée j leur bOte était un cordonnier, dont

CAMP PB GRENELLE. |6i

fa! reteoQ les singolières paroles à sa femme, a Ma cbèro ^ amie, yoiei ma dernière paire de souliers^ demain le peuple se lève > après demain les sans'Culottes sont logés aux Toileries , et nous n'ayons pins besoin de rien. » Je me hâtai de sortir de cet étrange comité, non sanà aToir atérti ses Membres quils couraient à leur perte. CTétak la veillé da môuyement-, le soir, je rentrai de très bonne heàre chez moi y où je fas assez heureux pour donnera deux patriotes de bonne foi^ qui vinrent me voir, un avis qui empêcha trois cents d'entre eux d'aller i la boucherie^ voici comment je m'expliquai : « Si vous attaquez lé camp, demain un grand nombre d'entre vous seront tués à coup de baïonnette, les antres noyés, le reste pris , traduit à une commission militaire et fusillé & Grenelle. Et pour comble de malheur, en périssant d'une manière cruelle, vous aurez fait un mal immense à votre parti. » Mes paroles rapportéesdissipèrentle rassemblement. J'avais la conviction que l'autorité, instruite de tout, ne voulait pas laisser échapper une occasion de frapper un coup décisif sur les révolutionnaires, et qu'une partie de la police les encourageait au mouvement. Je ne me trompais pas ; le ministre Cochon publia qu'il connaissait l'af-faire, et qu'il l'avait laissée éclatera dessein. Garnot, qui le soutenait, joua un rOle fâcheux dans cette circonstance : il a, depuis, accusé ses collègues Rewbel et Barras d'une certaine complicité dans la conspiration ; mais quel que soit le plus ou moins de fondement de cette accusation qui, dans tous les cas, tombait plus spécialement sur Barras ^ initié à tous les secrets des partis, Garnot ne se justifiera pas d'avoir souffert à dessein une entreprise qu'il pouvait prévenir; nialbeureusement pour lui et pour nous, il en était venu au point de croire et de dire qu'avec les royalistes montrer la baYonnette suffisait^ qu'avec les républicains il fallait s'en servir. Voilà jusqu'où un patriote, uû rcTolutionnaire, et un très honnête bommc; peut s'emporter

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