‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 63 sur 93 · DISCUSSION SUR LA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LA CONSTITUTION

naparte, présentées d'une manière précise et avec cette force que donne une ferme volonté^ dominèrent toujours^ il avait peine a souffrir la contradiction. Un jour même, il s'emporta an point de dire à Mathieu : « Votre discours est un discours de club! » Le député se tut^ mais Tapostn»phe avait déplu généralement. Bonaparte saisit à propos Toccasion de revenir à Mathieu, et de s'excuser de sa vivacité.

Sieyès , Tesprit encore tout occupé du résultat des élections, dans lesquelles les royalistes et les révolutionnaires avaient dominé tour à tour et amené de perpétuelles agitations dans rÉtat, n'avait trouvé d'autre expédient que d'ôter au peuple l'élection directe, et de le réduire à dresser des listes de candidats parmi lesquelles un sénat appelé conservateur nommerait les membres du premier corps de l'État : c'était presque désintéresser le peuple dans la question de la liberté. Justement mécontent de ce mépris de ses droits, pouvait-il regarder encore autrement que comme une dérision ce Corps- législatif , composé de muets qui ne pouvaient pas même délibérer en secret ? Bonaparte avait conçu dès long-temps de graves préventions contre les assemblées politiques qui discutent au milieu des orages et parlent à tout un peuple ; aussi adopta- t-il avec joie l'expédient d'ôter la parole au Corps-législatif. Quant aux membres du Tribunat, espèce d'avocats plaidans qui devaient discuter la loi, ils étaient trop peu nombreux pour obtenir de l'influence sur Topinion publique; et d ailleurs leur ascendant , quel qu'il pût devenir, serait toujours venu échouer contre le scrutin des députés, d autant plus faciles à pratiquer qu'ils échappaient à la responsabilité par le vote secret. Du reste , dans le cours de la discussion, Bonaparte étonna tout le monde par lanetteté , la profondeur de ses idées , surtout par l'adresse italienne avec laquelle il saisissait le côté faible des opinions de ses adversaires pour les combattre avec avan-

tage. On 8*ëtoniiait de ce genre d*habiletédans on homme qui avait passé sa vie an milieu dés eamps. Plein d'idées positives ; il ne pouvait s accommoder des théories de Siejës. Ce législateur regardait comme la merveille de son système la création d'un grand * électeur à vie, choisi par le Sénat conservateur, ayant un revenu de 6 millions , une gardç de trois mille hommes^ et habitant le palais de Versailles-, les ambassadeurs étrangers étaient accrédités près de lui-, il accréditait les nôtres dans les cours étrangères-, il contresignait les actes da goavernement et les lois-, la justice se rendait en son nomj il avait le droit d*aller présider à sa volonté le Tribunat, le Corps législatif et le Conseil d*état*, il nommait deux consuls , l'un de la guerre , l'autre de la paix -, privé de toute autre influence sur les affaires, investi du droit de surveiller l'administration des consuls, il pouvait les destituer et les changer ^ mais aussi le sénat pouvait, lorsqu'il jugerait cet acte arbitraire et nuisible à l'intérêt national, absorber le grand- électeur, qui entrait dans ce corps pour le reste de sa vie. L'institution du grand-électeur cachait évidemment le dessein de destituer Bonaparte pour mettre à sa place un consul à.la dévotion de Sieyès. Le piège était trop grossier^ mais sans paraître l'apercevoir, Bonaparte combattit le projet avec les armes victorieuses du bon sens , et sans négliger le cOté plaisant de la question *, le ridicule acheva de faire justice de la grande conception de Sieyès. Convenons pourtant que son plan de constitution, qui tendait surtout à prévenir les divisions dans le gouvernement, contenait en outre des combinaisons savantes et libérales ; mais cet esprit sapérieur et accoutumé à méditer dans la solitude, ne connaissait assez bien ni les hommes en général , pi 1^ peuple français en particulier, ni le jeu des ressorts i dun gouvernement. Il avait d'ailleurs des momens d'bal- > lucination qui semblaient altérer sa raison naturelle et '

TRBSSNTATi^lN Ofe XA CONSTITUTION. 4M

acqtite. Un jodir; il disait sériëasémèiit à un abi, qui le «nrprït ékûi Vûn 4e t«s oiomènis d*èsàltàti6n d'amoarprop^ où il atatt FaSr d*un înspirfi : u Ne to^ez-tdtiir pat sortir dés ftfaeélfeé de ma tèfèP » Oti sttbèthua ail gtandéiéctéiif de Siëyès te pïrèâdèr ùéfOstA, prénileDHettponiiré dé la IlépQbUiiàë, et dent teteuls, àtec èimple toit êon* inhàfi^ë, cest-i-difé que r<^a étaiilit, à ia faveur d'tm ^Mn àndéil, nhè ^yèfaté dé Ikit qàe Boiïapaéte, qtàli Mserrait ponr loi, ^Tàppliqntff^ comMe on Ta v«; à doter flë tonte la force et de totitê rind^âdaMe doirtfl<èr<gF«lt avoir besoin.

Ainsi ait laite la cônitittitièndé Tan viu, sons rinflnéiicé de Bonaparte, qcH tneltitit son vélo tor iobteiîiés déèlsionè conformes aux principes que rassemblée Constitoanle avait consacrés en f7d9. Hais tout le mondé n'était paa Afiposéi lès sacrifier ainsi ssins Combat; les deiut eomifaiasioDsâé préparaient à discuter, cbacuhé séparément, té projet présén/fé. Bonaparte, qdi coânàissait toiks led piAikti ▼alnérablés dé son ouvragé , ne Vôultit pas Téipoisèr auk périls d*inie aifà^ne si^nneRé, et, tt^ttëhâMt d^ do maure arec assoranbé, i!ft éèrii^e andl Axembres déS dent commissions de venir signer àù Luxembourg fé nouvel acte éo(nstitati6nMét. Qnoiqi^ scandalisé de cette impiéi^iéusé invitation , les députés convoqués appcKdèrent leur signature au bas de là éhaMe donnée pài Bonapart<i, i laquelle il ne tttafniiuàÉ que d'être octroyée pour Mre un oùtiMgè jbomj^lét au peuple qui avait vaincu TEarope; noui étions au 99 fMniaire.

Le létidèttatn, lescomniisÉloos 6*oecupèi^t de déter^ ^titt le modié^éé' ^réâienlaîiôli de Taoté constitutionnet i Idccepiaticm du peuple. An lien de réimir tes aiiseindbtéea primaires^ dont quelque <^ri de liberté aurait pu aorlîr mtt atte ceétditie puis^iVcè, en adoj^ta' Pidéé d'onvrir, dWns chaque commune , des rcgli&trèls destinés i recevdîr iea votes de chaque citoyen. Dans un discéurs protioncc à oe

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