‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 62 sur 93 · VENDÉE · texte numérisé non relu

VENDÉE

bénéfice de la loi da 5 nivôse , rendue en feveor de leurs irréconciliables ennemis : Germain Blondeau y Gazin , Moroy, Bnonaroiti, frappés d*un jugement inique par la haute-cour nationale y disait le ministre de la police Fouché, dans son rapport aux conseils , n'obtibrent qu'une modération à leur peine, qui leur fut ensuite remise tout cDtière. Des constituans restés fidèles à la cause nationale, Latour-Maubourg, La Rochefoucault- Liancourt et Lafayette, eurent la faculté de rentrer dans leur pays qai les avait oubliés, peut-être, au milieu d'une de ces tourmentes où les destinées de tout un peuple pouvaient périr.

Vers Tépoque du 18 brumaire, le général Hédou ville , marchant sur les traces de Hoche , venait de conclure une espèce d'armistice avec les révoltés de TOuest qui , ainsi que les chouans, occupaient et déchiraient encore dix- huit départemens de l'Ouest. Le premier soin de Bonaparte fut de continuer cette dernière œuvre du Directoire , et de faire conclure une suspension d'armes pour arriver le plus promptement possible à une pacification. Les agens des princes résolurent de tout tenter pour l'empêcher, afin de se donner le temps de sonder les dispositions du pouvoir à regard des Bourbons. Deux agens de cette famille , Hyde de Neuville et Dandigné, vinrent s'adresser directement au premier consul , qui les reçut au Luxembourg dans les petits appartemens. « Il y a peu de jours, lui dirent-ils , nous étions assurés du triomphe \ aujourd'hui tout a changé. Mais, général, seriez -vous assez imprudent pourvous fier àdepareils événemens? Vous êtes en position de rétablir le trône, et de le rendre à son maître légitime. Nous agissons de concert avec les chefs de la Vendée, que nous pouvons faire venir tous ici. Dites-nous quelles sont vos intentions, comment vous voulez marcher; et si elles s'accordent avec les nôtres, nous serons tous à votre disposition. )> Bonaparte leur répondit de manière à leur

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ôter tout espoir de ramener jamais au rôle de Honck.

On ne doutait nullement que Bonaparte ne voulût rendre la France grande et prospère , et qull n eût les moyens d'atteindre ce double but de son ambition ; mais que nous préparait- il sous le rapport de la liberté? La manière hardie avec laquelle il s'occupait d'établir son pouvoir, Tas- Cendant qu il prenait , les discours qui se tenaient autour de lui, les imprudences de Lucien, qui semblait être récho fidèle des intentions de son frère, résolu à supprimer les deux conseils et leur tribune , répandaient de graves inquiétudes parmi les crédules complices du 18 brumaire. Aussi la commission du conseil des Cinq -Cents se hâtait-elle d'achever de rédiger la constitution , et Sieyès, qui dirigeait tout ce travail, croyait toucher au moment d'imposer sa création législative à la France , lorsque Bona parte, qui voulait connaître ce qu'on lui préparait et mettre la main à l'œuvre attendue , convoqua les deux commissions chez lui , au Luxembourg. Tout le monde réuni , malgré quelques murmures qui n'osèrent éclater devant le maître^ Sieyès, cédant à l'invitation de Bonaparte, se mit à développer ses idées avec un rare talent; il obtint beaucoup de succès : le premier consul lui-même loua le travail : « C'est très beau , dit-il ; cependant on peut trouver des objections à ce système. Il faut se donner le temps d'y réfléchir ] à demain. » Et la séance fat levée au grand mécontentement de l'auteur, qui croyait entraîner son collègue dans une discussion épineuse à laquelle celui-ci n'était point préparé.

A la séance suivante, Bonaparte insista beaucoup plus pour agrandir le pouvoir et lui assurer l'indépendance, que pour donner au peuple des garanties de liberté. Quand il fut question de rédiger, « Citoyen Daunou, dit Bonaparte, allons , prenez la plume. Mettez vous là. \> Daunou s'en défendit *, mais il fallut se rendre. Alors commença la discussion , dans laquelle les idées de Bo-

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