‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 80 sur 93 · CONSULAT POUR DIX ANS · texte numérisé non relu

CONSULAT POUR DIX ANS

3,508,259 3'étaient prononcés pour laffirmativc. La réponse de Bonaparte à Barthélémy président da sénat qui apporta aux Tuileries le résultat du scrutin national , ne saurait être passée sous silence-, la voici : k La vie d'un citoyen est à la patrie -, le peuple français veut que la mienne lui soit consacrée tout entière , j'obéis à sa volonté, la liberté, l'égalité, la prospérité de la France seront assurées. Le meilleurdes peuples sera le plus heureux... Content alors d'avoir été appelé par l'ordre de celui de qui tout émane , j'entendrai sonner la dernière heure sans regret. »

Dès cet instant, monarque de fait, et soutenir par l'immense popularité qu'attestait son élection , Bonaparte fit paraître la Constitution telle qu'il la voulait modifiée suivant les calculs de son ambition. Trois consuls à vie -, l'élection annuelle détruite par la division du corps-législatif en cinq séries renouvelées successivement ; des électeurs avec des fonctions à vie, des sénatus-consultes qui donnaient l'omnipotence législative au sénat , c'est-à-dire à Bonaparte , la réduction du corps-législatif à deux cents membres , et celle du trîbunat au petit nombre de cent personnes. Voila le pacte social par lequel Bonaparte préludait à la monarchie de Louis XIV, rétablie sur les ruines du trône de sa race. En ce moment, soit qu'il voulût donner une preuve de sa confiance dans la stabilité de son pouvoir, soit qu'il eût gardé de grandes préventions contre Fouché, soit enfin qu il crût que la police avec son origine révolutionnaire n entrait pas comme un élément naturel dans un gouvernement qui retournait vers la monarchie, il réunit cette même police au ministère de la justice , dont le portefeuille fut remis à Bégnier, qui remplaçait Abrial sous le titre de grand-juge. Cette conduite était celle d'un homme qui ne connaissait pas assez bien l'exaspération des esprits, et la nécessité de pouvoir couper à tout moment les nouvelles trames qui s'ourdissaient

SM EfiVOLUTION FRANÇAISE.

chaqae jour, sarloat dans le parti royaUsie. Régnier était d'ailleurs rhomme le moins oapable d'explorer la France et rélranger, Fouché reconnut sans peine l'erreur commise , et en venant s'asseoir parmi les sénateur», il pressentit son prochain rappel. Du reste, pour consoler le yieux révolutionnaire disgracié , Bonaparte lui fil don de l,SOO,O0O francs. Rcpderer, <|tti atait servi avec tant de ïèle la cause du pouvoir, quitta le conseii-d'état pour le sénat. Regnault fut nommé président de la section de l'intérieur au conseil-d*état. Fourcroy eut la direction de l'instruction publique.

L'attitude impérieuse, les actes, les usurpations successives de Bonaparte, créaient des ennemis au gouvi^mement; ils.se ralliaient tous autour de l'illustre Moreau , qui malb^ureusement guidé par uqe fapniile imprudente se tenait dédaigneusemept à Técart, et frondait en secret lautorilé coniiulaire. Sans éclater toutefois, Qernadotte, général en chef de Tarméc de l'Ouest, faisait des menées à Bonnes où se trouvait son quartier-général. Bonaparte averti prompte- Plient fit arrêter Simon, le chef d état- major, et Marbot, rai4c-de-camp de Bernadotte, qui lui-même perdit le commandement qu'on loi avait accordé par un excès d'indulgence après la mauvaise volonté qu'il avait montrée au 18 brumaire. Le général révoqué vint se consoler à Paris de sa disgrâce dans les salons de madame de St^ël , dont l'admirsition pour Bonaparte s'était convertie en une véril^able haiue. Là se formèrent les premiers nœuds de la fupçste amitié qui entraînera un JQur Bernadotte à aider de ses conseils les plqs redoutables ennemis de la France, et à porter les armes coqtre sa p^triç. Au res^e, Çeri^adottc se serait bien trompé s'il eût cru pouvoir séduire alors nos braves i^oldals, et les séparer du consul. Us lui appartenaient par les liens du cour et par la communauté de la gloire. P'aiUeqrti le grand général s'occupait à se les attacher c|laq^e jou^ ^^vapt^ge, parce qu'il prévoyait

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